CHAPITRE II
été labourée par le soc de lafoi, et surtout pénétrée par la rosée de la grâce. Alors, loin de se refuser à votre action, elle entr’ouvre son sein avec joie, afin de recevoir le grain qui produira en elle et autour d’elle des plantes magnifiques, chargées de fleurs et de fruits. Et puis, l’homme ne peut pas tout expliquer.... il y a des vérités qu’il faut croire. Ah! ce fatal désir de tout savoir, de tout comprendre, ce désir, fils de l’orgueil, a perdu l’humanité. On ne veut pas s’avouerjson ignorance, on ne veut pas admettre qu’il existe des vérités que le raisonnement ne peut atteindre, mais que la conscience reconnaît et que le bon sens trouve partout. Et si, dans L’origine des sciences les plus positives, tout est mystère, comment n’en serait-il pas de même, et à bien plus forte raison, dans les choses de la religion ? Expliquez l’origine de l’amour; d’où vientil ? d’une sympathie? Mais qu’est-ce que la sympathie? Je ne sais... Et l’espérance, qu’est-elle? Un désir. Mais qu’est-ce qui fait naître ce désir? Encore je ne sais. — Et pourtant on admet l’amour, on admet l’espérance ; pourquoi donc ne pas admettre la foi ? Ah ! je le sais, c’est parce qu’elle enseigne des choses qui répugnent à notre orgueil, à nos goûts corrompus et aux intérêts mesquins de notre demi-science. D’ailleurs, si on ne peut expliquer les vérités fondamentales des sciences positives ou des sentiments humains, comment expliquerait-on
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celles de la science divine? La seule tentative de cette recherche est folie; il faut donc bien admettre que, pas plus que les sens, le raisonnement ne peut suffire pour tout connaître. C’est en vain que la créature s’évertue, elle est entourée de mystères. Ce que nous savons n’est rien, ce que nous ignorons est infini. Quel orgueil de vouloir tout comprendre et de ne pas vouloir ignorer! C’est de vous, divin Créateur, que nous recevons la vie, l’âme, l’intelligence, le sentiment, la conservation; tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes vient de vous, et nous ne voudrions pas avoir reçu de vous le besoin, la nécessité de la foi ! Comme l’ange rebelle, nous voudrions nous égaler à vous; mais c’est en vain, car jamais nous ne saurons la mystérieuse parole de la céleste énigme. Celte connaissance n’appartient pas à l’homme. Vous avez parlé, vous avez révélé certaines vérités, nous devons les admettre et y croire. Oh ! ce n’est pas pour rien que la foi nous est donnée : elle nous élève vers le ciel; comme l’aigle, elle abandonne la plaine, elle vole dans les airs, et seule elle regarde le soleil. En effet, qui sont les hommes vertueux, heureux et savants? Seulement les vrais chrétiens, les hommes de foi. Oui, je le répète, rien n’est plus commun que le surnaturel, et on ne peut vraiment nier le surnaturel, comme on ne peut nier aucune de nos croyances catholiques, sans arriver, par voie decon-