CHAPITRE II
séquence, à la négation de votre existence ellemême. Or, il y a peu d’hommes, même parmi lesplus téméraires qui, de sang-froid, se déclarent athées. Le plus grand nombre arrive à cette épouvantable absurdité sans s’en douter ; mais c’est toujours à grand’peine, et jamais sans avoir étouffé des remords. Qu’elle est terrible la punition de leur audaee ! Mon Dieu, n’avez-vous pas défendu au premier homme de goûter du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal ? N’avez-vous pas défendu aux Israélites, sous peine de mort, de passer les barrières en s’avançant vers vous? Seigneur, vous êtes un Dieu caché! C’est en vain que, pour se soustraire à l’athéisme, les incrédules de tous les siècles ont inventé des systèmes religieux. Il n’y a pas de Dieu intermédiaire entre vous. Dieu des chrétiens, et le nihilisme des athées.
Tous ces systèmes que l’on voit naître par milliers, puis mourir, brûlés par le soleil éclatant du christianisme, tous ces systèmes mènent, tôt ou tard, leurs adeptes au matérialisme, c’est-à-dire à l’athéisme, au désordre moral et physique. C’est là, je le répète, une punition de leur audacieuse recherche. Connaissons-nous les mystères dont vous vous êtes réservé la parfaite intelligence, quoique vous en fassiez quelquefois entrevoir les secrets à vos élus, la prière, par exemple? Le chrétien croit et sait que, dans des circonstances données.
ÉPREUVE
elle obtient, des grâces particulières. Ceci tient évidemment du mystère, et pourtant, qui nous prouvera que l’effet de la prière ne pourrait avoir lieu quand même vous ne gouverneriez le monde que par une providence naturelle ? Qui connaît les secrets du monde métaphysique, et qui sait où se trouve la limite précise entre le naturel et le surnaturel? Votre Église me dit bien que tel fait est miraculeux, et que tel autre ne l’est pas ; mais que d’événements elle abandonne au jugement de mon cœur et de ma foi ! D’ailleurs, ne m’ordonne-t-elle pas de croire, ô mon Dieu ! que toutes vos œuvres sont merveilleuses, et que la loi qui régit le monde est divine! Je dois même croire que vous rapportez tout à une tin surnaturelle, comme je dois croire que pour vous. Être tout-puissant, l’événement surnaturel est aussi facile que l’événement naturel. Oh ! si nous pouvions, par une méditation fréquente de vos mystères, rendre à l’âme son existence spirituelle, son existence normale, nous comprendrions, en quelque sorte, que le surnaturel pénètre et enveloppe, pour ainsi dire, tout l’ordre de la nature. Pour le chrétien, le miracle n’est vrai 1 ment pas étonnant ; il le ravit et l’enchante, bien loin de le troubler ; tandis que le matérialiste, à ta vue d’un miracle, s’étonne, se révolte, et n’a d’autre ressource que la négation d’un fait évident, ou bien une explication puérile qui, de son propre