CHAPITRE II
aveu, le laisse dans un doute désolant. Mais ne pourrait-on pas lui dire : Ou Dieu existe, et alors rien de plus simple que le miracle, ou il n’existe pas; et alors le monde sans Dieu est un fait mille fois plus incompréhensible que le miracle ; l’univers, l’homme, tout devient inexplicable. Certes, si vous admettez une loi, un ordre ici-bas, il faut aussi reconnaître un législateur, une intelligence toute-puissante et créatrice ; et une fois ce législateur admis, quel rôle lui donnez-vous ? L’immobilité. Mais s’il a été nécessaire pour créer, ne l’est-il pas pour conserver? Oui, sans doute, vous ne pouvez le nier. Mais alors nous avons la Providence divine et son action incessante sur nous; son action, qu’elle peut varier à l’infini ; son action, à laquelle elle peut faire produire des effets plus admirables encore que ceux qu’elle a renfermés dans le domaine des lois de la nature. O mon Dieu! ô mon divin Maître! je ne m’étonne plus aujourd’hui des miracles par lesquels vous manifestez votre puissance et votre amour; à leur vue, je me prosterne et j’adore; ils me ravissent, mais je les regarde comme une conséquence de votre toutepuissance et de votre amour, qui veut nous conduire au bonheur par la foi.
ÉPREUVE
Et maintenant, le fait de la guérison de mon fils est-il surnaturel? Seigneur, je n’en sais rien, et peu m’importe ; ce que je sais avec certitude, c’est que, dans cet événement, votre action est manifeste. Mon fils était condamné par la science humaine, et, d’après toutes les probabilités, il devait mourir; mais sa mère vous a demandé sa guérison, et il a guéri; mais elle vous a demandé de souffrir pour lui, de mourir pour lui : elle a souffert et elle est morte ; elle est morte en vous bénissant. Vous l’avez donc exaucée, mon Dieu, et en l’exauçant, vous lui avez donné infiniment plus de bonheur que n’aurait pu lui en offrir l’existence la plus belle, selon l’opinion du monde. — Oui, c’est avec enthousiasme que je le répète : si nous vivions davantage de la vie de l’âme, combien le rapport qui nous lie à vous serait plus facile à comprendre ; car c’est l’âme et non le corps qui vous parle, qui vous prie et qui vous voit en quelque sorte , quoiqu’au milieu d’un mystère ; c’est l’âme qui reçoit les grâces spirituelles dont vous éclairez parfois les créatures. Et nous, qui ne vivons que par le corps ou pour le corps, nous nous
MO