‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 55 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

étonnons de ne pas comprendre ce que l’âme seule peut saisir, et alors nous éclatons en plaintes , ou bien nous nions le rapport qui nous unit à vous. Mais pour vous voir, Seigneur , pour vous entendre, pour vous toucher, pour vous goûter, il faut d’autres sens que ceux de la matière, il faut, en quelque sorte, des sens spirituels. Il n’est pas donné à tous de parvenir à ce haut degré de bonheur, à cet état de douce contemplation qui commence sur la terre la béatitude céleste; mais il est donné à tous de vous le demander, de le chercher, de vous remercier quand vous accordez cette grâce , de vous remercier quand vous la refusez; car alors vous nous jugez dignes de souffrir pour vous. Il est donné à tous de s’approcher de vous en s’examinant et en se purifiant; il est donné à tous de se livrer à la sainte pratique de la méditation ; il est donné à tous d’oublier tous les jours, pendant quelques instants, sa vie matérielle, de la suspendre, en quelque sorte, afin de développer celle de l’âme. L’âme et le corps se combattent toujours, la vie est leur champ de bataille, et ce que l’un d’eux gagne, il faut que l’autre le perde. Seigneur, accordez-raoi donc de m’unir plus souvent à vous par la contemplation de vos mystères. Je sais que, pour parvenir à ce but , nous pouvons faire des efforts, que souvent nous pouvons vaincre la paresse, la froideur et le dégoût, et parfois il dépend de nous de nous

ÉPREUVE

élever jusqu’à vous ; car vous l'avez dit : Frappez , et on vous ouvrira ; cherchez , et vous trouverez. Mais c’est à vous seul à nous inspirer le désir de chercher, à vous de nous donner la force de frapper; et si vous avez fait cette grâce à moi, créature indigne, que peuvent attendre ceux dont la vie a été pure, dont les actions sont louables ?

Quant à la guérison extraordinaire de mon fils , elle serait due, suivant l’incrédule, à l’arrivée fortuite d’un nouveau médecin, aune crise favorable, à un nouveau système de traitement... Mais qu’on explique avant tout les termes dont on se sert. Que veut dire une arrivée fortuite, un évènement fortuit ? Entendrait-on peut-être le hasard? Mais alors nous retombons dans l’absurdité de l’athéisme, et si ce n’est pas au hasard que sont dus les événements, à qui faut-il les attribuer? Évidemment à quelqu’un, sans quoi il y aurait un effet sans cause. Mais cette guérison, me dira-t-on, est due simplement au médecin lui-même. Je le veux bien ; mais ce médecin, il a une volonté, il est libre , c’est un être intelligent, doué de qualités morales... Et alors d’où vient-il? du hasard? Non certainement, ce serait de l’absurde. Mais alors d’où vient-il, qu’est-il? a-t-il une âme? cette âme est-elle immortelle? On me répondra peut-être qu’on n’en sait rien, qu’on ne peut ni ne veut le savoir, et on s’abandonne au scepticisme. Mais ignore-t-on qu’il est des choses

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