CHAPITRE II
qu’il faut savoir, qu’il importe de connaître, ou qu’il faut au moins chercher à connaître?... Certes, lorsque le soir arrive, le voyageur fatigué, en entrant dans une ville, s’informe d’un gîte, il le cherche et le trouve... et l’homme, mortel, ne veut pas savoir ce qu’il devient après sa mort, il ne veut pas même savoir ce qu’est la mort. Peut-être tout finit avec le corps, dira-t-il? Mais alors pourquoi s’abstient-il du mal (supposons qu’il s’en abstienne)? pourquoi ne se livre-t-il pas à ses passions?... Il parlera de sa conscience; mais qu’est-ce que la conscience? Je ne sais..., encore je ne sais... O malheureux, ne vois-tu pas que ton entêtement, que ton orgueil te perdent, et que, pour un incrédule qui ne fera pas autant de mal qu’il le pourrait, d’après les principes qu’il professe, il y en aura dix mille qui se laisseront aller au torrent des plus mauvaises passions? Mais comment parvenir à la connaissance de ces mystères? poursuit le sceptique; à qui ajouter foi ? Je ne reconnais à personne le droit de m’imposer sa croyance. La réponse n’est pas difficile. D’abord, et avant tout, lui dirai-je, il faut se défaire de l’orgueil, il faut être humble, il faut être libre, c’est-à-dire secouer le joug de ses passions; il faut de toute nécessité désirer avec ardeur la possession de la vérité, de la vertu, du bien, en un mot, que tout homme, qui n’est pas un monstre, doit aimer ou au moins doit désirer d’aimer.
ÉPREUVE
Alors, s’enveloppant d’humilité, de simplicité , de pureté, il faut chercher, c’est-à-dire consulter d’abord sa conscience et sa raison, interroger ensuite le sentiment unanime de l’humanité, la tradition des peuples qui ont cru, contempler la dégradation, le malheur de ceux qui ne veulent pas croire, enfin et surtout il faut prier. — Prier..., à ce mot l’incrédule jette des cris... Prier! dira-t-il, c’est impossible, car pour prier il faut croire , et vous dites que c’est par la prière que la foi s’obtient. — C’est un cercle vicieux. — Qu’il se calme , car il y a deux manières de prier : l’une est celle du chrétien, elle est positive, car il croit et il sait; mais il y en a une autre bien puissante aussi, elle attire aussi des grâces, et vous savez , mon Dieu , que j’en ai fait l’expérience. Cette prière-là est conditionnelle. Il faut dire : « Je suis ignorant, je ne sais d’où je viens, ce « que je suis ni où je vais ; mais je désire le savoir. « J’entends autour de moi parler de vérité, de bien « et de bonheur. Oh! j’aime la vérité, je désire le « bien , je cherche le bonheur. On me dit que ce « bonheur existe, que c’est la vertu, que c’est la « vérité, un être, un esprit, le Créateur du monde, « mon Créateur, en un mot, celui qu’on nomme « Dieu. On me dit, en outre, que j’ai en moi une « âme, un esprit créé d’après l’image de ce Dieu « que je ne vois pas, et que tous invoquent. On « m’assure que mon âme peut communiquer avec