CHAPITRE II
«. lui et s’élever jusqu’à lui. Ah ! si tout cela est « vrai, si Dieu existe, s’il est ce bien que je désire, « s’il peut m’entendre, je me soumets à lui , je me « prosterne devant sa majesté et me jette dans ses « bras. Si Dieu existe, s’il est bon, s’il est puissant, « qu’il voie ma peine et qu’il ait pitié de moi ! Au- « trefois je ne m’inquiétais pas de la vérité , et je « courais après un bonheur qui m’a trompé. Mais « à présent je cherche le vrai bonheur, le bien su- « prême. S’il peut, qu’il vienne donc ! qu’il se ré- « vêle à moi, et je l’adorerai, je l’aimerai et le « servirai de toutes les forces de mon être. » Voilà ce que doit dire tout homme incrédule qui veut sincèrement le bien. Oui, qu’il le demande, et il sera exaucé , j’en réponds , il sera vertueux et heureux.
Mais, malheureusement, on ne veut pas demander, on ne veut pas guérir, et l’incrédule, prenant toujours le fantôme du bonheur pour le bonheur lui-même, chérit son incrédulité et son ignorance.
Donc, en ce qui concerne V arrivée fortuite du médecin chez mon fils, il faut, évidemment, pour résumer tout ce que j’ai dit là-dessus, l’attribuer ou au hasard, qui est un mot vide de sens, ou à votre volonté. Seigneur, votre volonté qui peut tout, qui répond à tout, à votre providence, en un mot, qui, après nous avoir créés, nous gouverne, nous éclaire, nous console, nous éprouve et même nous châtie.
ÉPREUVE
afin de nous faire goûter dans votre sein le bonheur éternel, pour lequel vous nous avez formés.
Mais je ne veux pas m’arrêter plus longtemps sur ce sujet. Que l’incrédule sourie de pitié, je ne puis que prier pour lui; qu’il sourie, moi je ne cesserai de vous louer et de vous remercier. Oh ! j’en ai besoin, j’en ai besoin non-seulement pour être heureux, mais pour être vertueux; j’en ai besoin pour être en harmonie avec moi-même, avec ma raison, avec ma conscience. — Oui, mon Dieu, je vous bénis de tout ce que vous avez fait pour moi, je vous bénis d’avoir guéri mon enfant, je vous bénis de lui avoir donné une telle mère, je vous bénis dans ma douleur. Gloire à vous, Seigneur, gloire à vous !... Oh! que ne vous ai-je toujours aimé, que ne vous ai-je toujours connu !
Avec quelle rapidité s’accomplissait le vœu héroïque que la mère avait fait pour racheter la vie de son fils. Hélas! elle avançait à grands pas vers la mort. Pardonnez-moi, mon Dieu, ce cri de ma faiblesse. Elle avançait à grands pas, car elle n’avait même plus quatre années à passer sur la terre.