‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 60 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

facultés morales se développaient sous l’action de la foi.

Mais hélas! je ne croyais pas encore; et, me matérialisant de jour en jour davantage, je me précipitais dans la mort de l’âme. J’avais presque oublié le vœu de cette mère héroïque; je n’y avais, d’ailleurs, jamais attaché une idée sérieuse, et, habitué à la voir souffrir, j’étais loin de croire sa fin si prochaine. Ce ne fut que bien plus tard que cette pensée se présenta quelquefois à mon esprit.

Mon Dieu, que l’enseignement catholique est admirable, et comme il porte le cachet de la vérité! Les Pères de l’Église et les chrétiens des premiers siècles avaient bien raison de dire qu’il n’existe pas de crime plus grand que le schisme ou l’hérésie, car ces deux fléaux brisent votre unité, en dehors de laquelle il n’y a pas de vérité, cette unité que vous nous ordonnez de conserver si soigneusement; ils détruisent, en outre, votre ouvrage, en enlevant des milliers d’âmes au bonheur que vous leur destiniez. En effet. Seigneur, si vous êtes la vérité, et si la vérité seule peut donner le bien su-

ÉPREUVE

préme, ou plutôt, si la vérité est la même chose que le bien et le bonheur, il est clair que, en privant les hommes de la vérité qui est dans l’unité, on les prive du bien et du bonheur, on les prive de vous, ô mon Dieu! et par cela seul qu’ils sont privés de vous, ils doivent souvent faire le mal. Ces réflexions justifient complètement, si toutefois elle a besoin d’une justification, la sentence : Hors de l’Église point de salut, sentence qui scandalise nos chers frères séparés, et qui pourtant veut dire simplement que, en dehors de la vérité, il n’y a point de bien, point de bonheur possible, assertion que, certes, personne n’oserait nier. — Oh ! quel triste compte auront à rendre, au jour du jugement, Pholius, Michel Cérulaire, Luther, Calvin, etc. !

Ces pensées me sont venues en songeant à ma femme, au désir ardent que son cœur si pur lui inspirait de se faire catholique , et aux péchés, légers sans doute, qu’elle a eu à expier; et aussitôt le dogme du purgatoire, que l’Église grecque a corrompu et que le protestantisme a nié, s’est présenté à mon esprit, et je me suis senti enflammé d’amour et de reconnaissance pour vous , mon divin Maître !

Combien ce dogme du purgatoire est logique, moral , consolant et vrai , et combien sont à plaindre ceux qui le rejettent !

11 est logique, car il est fondé en raison ; conso-

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