CHAPITRE II
arrêts de cette justice si ce n’est dans le purgatoire, ee lieu de tourment que l’on ne quittera qu’après avoir tout payé ?
Je pourrais citer encore plusieurs textes à l’appui de la consolante vérité dont je parle, ô mon Dieu 1 mais il me suffira de rappeler ce que dit saint Paul dans la première Épître aux Corinthiens, ch. m :
13. — « L’ouvrage de chacun sera connu, car le jour du Seigneur fera voir quel il est ; parce qu’il sera découvert par le feu, et que le feu mettra à l’épreuve l’ouvrage de chacun.
14. — Que si l’ouvrage que quelqu’un aura élevé subsiste, il en recevra la récompense.
15. — Si, au contraire, l’ouvrage de quelqu’un est brûlé, il en souffrira la perte ; mais, pour lui, il sera sauvé, mais comme ayant passé par le feu. *
Vraiment, Seigneur, il faut êlre sourd et aveugle pour ne pas voir la vérité quand elle est si clairement expliquée. Plus on étudie vos livres inspirés, plus leur sens paraît lumineux.
Après tout ce que je viens de dire, il serait superflu de parler des preuves innombrables que nous fournit la tradition en faveur du dogme du purgatoire ; je n’en citerai qu’une seule, ou plutôt je ne ferai que rappeler ce que j’ai dit plus haut touchant la prière pour les morls, que les Grecs séparés ont conservée tout en niant le purgatoire; ce qui prouve clairement qu’ils y croient, mais qu’ils n’en accep-
ÉPREUVE
tent pas la dénomination, et là ils sont plus inconséquents que les protestants eux-mêmes.
Mon Dieu, combien je me suis étendu sur ce sujet! Mais, en parlant de vous, Seigneur, et des vérités que vous daignez nous enseigner, il m’est facile de me laisser entraîner, surtout quand je pense à mes pauvres et chers frères séparés.... Oh! que je les plains ! ils me nomment fanatique, insensé, faible d’esprit ; c’est juste, je dois leur paraître tel; car, pourvoir, pour comprendre la lumière, pour la sentir et en jouir, il faut l’avoir vue, il faut la posséder. Seigneur, vous m’avez accordé cette grâce. Oh ! que j’eusse été coupable, si je n’avais pas suivi les conseils de la voix divine qui parlait alors au fond de ma conscience ! que j’eusse été malheureux, si vous ne m’aviez soutenu dans le combat ! que j’eusse été méprisable, si j’avais été assez insensé pour sacrifier la vérité catholique et l’éternité à des vanités temporelles, à me? passions, à mes goûts, à des considérations mondaines ou à des préjugés nationaux! Aurais-je pu espérer le pardon? Oui, j’eusse mérité le rude châtiment qui est la conséquence naturelle et inévitable du plus grand péché : la négation volontaire de la vérité, le péché contre le Saint-Esprit et ses divines inspirations. Mais les chrétiens qui, nés en dehors de l’Église, n’ayant pas eu occasion de connaître la vérité, ont pratiqué la vertu autant que cela était