‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 69 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

son union avec vous; car, en s’abaissant, il s’élève. Ce sont des choses que l’on ne peut prouver par le raisonnement seul; il faut avoir la foi; alors elles deviennent évidentes, elles n’ont pas besoin de preuves: est -il besoin de prouver que la conscience existe, que le soleil existe ? — Oh ! le bonheur que vous donnez, je le sens, et bien d’autres l’ont senti comme moi, cela suffît. Seigneur, Seigneur, combien vous nous aimez! vous changez en joie nos plus fortes douleurs. C’est là un mystère de l’humanité, le problème du bonheur, que la divinité seule, que la vérité seule, que l’amour seul pouvait résoudre. Riez, riez, philosophes de tous les siècles, sages de l’incrédulité; pour nous, nous sommes heureux au milieu des douleurs.... Mon Dieu, vous le savez, dans ce moment je suis inquiet.... mon âme est triste.... je souffre, et pourtant je vous loue, je vous bénis et je m’écrie avec enthousiasme : Faites-moi souffrir! mais que votre volonté soit faite. La résignation n’est pas l’absence de la douleur, comme la foi n’est pas l’absence du doute involontaire. La résignation est la victoire sur la souffrance, comme la foi est la victoire sur le doute par votre grâce. Alléluia.

ÉPREUVE

Seigneur, je sens que je suis indigne de m’entretenir avec vous; mais j’ai confiance en votre miséricorde, en votre amour, et je me laisse aller au penchant qui m’entraîne. Oh ! qu’ils sont pleins.de bonheur les instants bénis où je ne vis que dans la pensée de mon Dieu! Alors, aucun sacrifice ne me coûterait, je suis tout à vous, je serais heureux de me sacrifier pour vous, et je ne vous demande qu’une faveur, c’est de prolonger ces instants, c’est de les étendre, pour ainsi dire, dans le reste de mon existence, et d’y laisser se développer les joies qu’ils me donnent. Mais non, je vous demande encore une grâce, mon Dieu, c’est celle d’être humble; que je ne m’imagine pas mériter vos faveurs, et que je sache que, serviteur inutile, je n’ai pas plus de droit à cette effusion de votre bonté, que je n’en avais à l’existence que j’ai reçue de vous. Mais n’y a-t-il pas de l’orgueil dans ce que je dis ; n’est-ce pas un manque d’humilité de supposer que je suis l’objet de vos faveurs et de votre amour? S’il en est ainsi, pardonnez-moi; mais il n’en est pas ainsi, et cc serait une fausse humilité de me le dissimuler,

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