‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 77 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ainsi combattant toujours et toujours victorieuse....

Je ne croyais pas à la possibilité de sa mort; mais le spectacle si imposant de sa maladie me rendait meilleur, et j’éprouvais de la honte quand une mauvaise pensée se présentait à mon esprit; cela seul ne prouve-t-il pas déjà combien les malheurs nous sont salutaires ?

A Nice, ma pauvre malade sembla vraiment renaître sous l’action du printemps; l’un et l’autre nous reprîmes courage. Cherchant avec ardeur la vérité, et brûlant du désir de faire partie de votre Église, elle demanda un prêtre catholique, et eut le bonheur de voir très-souvent le R. P. Pellegrini, de la Compagnie de Jésus. Il était le confesseur de ma mère, qui se trouvait aussi à Nice, et que les paroles et l’exemple de ma sœur avaient, comme je l’ai dit plus haut, ramenée à la foi de nos pères.

Avant notre départ de Paris, ma femme avait eu un long entretien avec M. l’abbé Dupanloup qui, émerveillé de la beauté de ce cœur dont elle avait pourtant caché les plus précieux trésors, m’avait dit, en la quittant : « Quelle âme, Monsieur ! il ne lui manque qu’une chose, c’est d’être catholique. » H avait raison. Mais alors, pour moi, cette parole si vraie, si puissante, était vide de sens et me sembla une phrase à laquelle je ne devais faire aucune attention. Hélas! nous partîmes bientôt, et ma femme n’eut plus le bonheur de voir ce digne mi-

ÉPREUVE

nistre de l’Évangile ; je le regretterai toujours! Seigneur, je dois confesser ici une chose qui ne me donne pas assez de remords et dont je m’excuse trop facilement, en disant qu’à celte époque je n’étais pas chrétien ; comme si c’était une excuse, comme si je n’étais pas coupable de ne pas croire ! O mon Dieu, je le confesse avec douleur, c’est moi seul qui, pendant notre séjour à Nice, ai empêché ma femme de faire son abjuration ; elle y était décidée.

J’avais sur son esprit une influence que j’étais loin de mériter; timorée et se défiant d’elle-même, elle avait en moi une confiance telle, qu’elle donnait rarement son opinion, quand j’étais présent, sans avoir d’abord cherché une approbation dans mon regard. Hélas! ce fut un malheur pour nous deux, car lorsque, instruite par l’excellent P. Pdlegrini, elle eut résolu de devenir catholique, elle crut devoir me consulter encore une fois, et moi, hélas! hélas! je l’engageai à différer. Seigneur, qu’ai-je fait?... Combien je suis coupable! Il est vrai que je ne croyais pas mal faire; mais n’étais-je pas coupable de ne pas savoir? Oh ! je m’en souviens, ce fut alors qu’elle me dit, en me suppliant : « Et toi aussi tu deviendras catholique... prometsle-moi, je t’en prie; » puis elle ajouta quelques paroles bien touchantes que je ne dois pas publier. J’évitai de répondre, et je l’engageai à remettre en-

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