‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 87 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

combler, grâces éclatantes, grâces nouvelles dont le seul souvenir fait couler mes larmes. A qui les devais-je ? Etait-ce aux prières de celle que je venais de perdre, ou bien au désir qui, depuis quelques heures, me poussait vers vous? Je l’ignore; mais ce désir lui-même n’était-il pasune grâce?Oh! sans doute, car le pas que l’on fait vers vous, le cœur que Ton vous ouvre.... c’est vous, c’est toujours vous, mon divin Maître, qui agissez ; c’est vous qui nous prenez la main pour nous faire marcher ; vous qui frappez à la porte de notre cœur pour l’ouvrir; et ces grâces queje nomme nouvelles, elles étaient bien anciennes ! toujours vous aviez voulu mon cœur, toujours vous m’aviez comblé de faveurs; mais moi je n’avais pas voulu.... Oh! dans votre conduite à mon égard il n’y a pas eu de miraclés, je le sais, et pour me ramener à vous, vous vous êtes servi des événements ordinaires de la vie; mais, je l’ai déjà dit, tout dans la conduite de votre providence à l’égard des âmes est merveilleux : mais, pour qui veut tenir les yeux fermés, les miracles les plus palpables ne sont pas des miracles.

Le docteur m’apporta donc la sainte Bible, et me présenta le xm* chapitre de saint Jean. Je n’avais jamais lu l’Évangile, le ciel m’avait donc été fermé : ces sublimes richesses, ces inépuisables trésors de beauté et d’amour, dans mon orgueilleuse folie, j avais tout méprisé ; entre mon âme et la vie j’avais

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élevé un raur, et tout à coup ce mur s’écroulait... Alors un monde nouveau s’ouvrit devant moi; c’était une découverte, il me semblait qu’elle m’appartenait et j’en jouissais avec bonheur. Seigneur! vous savez bien mieux que moi ce que j’éprouvai à la lecture de ces paroles (Saint Jean, chap. xih, v. 33, 34) :

« Mes petits enfants, je n’ai plus que peu de temps à être avec vous; vous me chercherez, et ce que j’ai dit aux Juifs, qu’ils ne pouvaient venir où je vais, je vous le dis aussi présentement. Je vous fais un commandement nouveau, qui est de vous entr’aimer et de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Mon fils et ma fille assistaient à cette lecture ; nous fondions en larmes : il me semblait entendre la voix de leur mère. Bientôt j’arrivai aux paroles suivantes : « Et après que je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé le lieu, je reviendrai, et vous prendrai avec moi, afin que là où je serai vous y soyez aussi. »

Alors, mon Sauveur, alors je vous méconnaissais encore; je l’écris en pleurant, je ne croyais pas à votre divinité et je cherchais, en quelque sorte, à attribuer vos adorables paroles à la femme qui m’était ravie. Je voulais croire que c’était elle qui me parlait: et pourtant je savais que c’était vous qui les aviez prononcées; et dans mon imagination, je

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