CHAPITRE III
ver dans vos paroles, divin Jésus, que vous n’étiez pas Dieu, que vous n’aviez pas enseigné à croire à votre divinité. O ineptie de l’ignorance! O inconséquence de l’orgueil! Seigneur, pardonnezmoi !
J’avais presque tous les soirs de longs entretiens avec le pieux docteur dont j’ai parlé plus haut, et avec un prêtre grec séparé : ils cherchaient tous les deux â m’éclairer sur les vérités fondamentales du christianisme, mais ma raison orgueilleuse se révoltait toujours; et, néanmoins, par une singulière inconséquence, je crus devoir chercher dans la confession à soulager ma conscience chargée de trentesix ans de péchés... Oui, je me confessai à ce prêtre, et le lendemain, je reçus de lui la sainte communion. O mon Dieu ! je ne connaissais pas assez la gravité de cet acte; aussi ne fut-il pour moi d’aucun profit! D’ailleurs, quel bien aurait pu produire en moi l’absolution d’un prêtre sans juridiction et sans autorité ? — Et- ici je dois déclarer que tant que j’ai été en dehors du christianisme, j’ai fait le mal volontairement et sciemment, et que ce ne fut que lorsque je devins chrétien dans le vrai sens du mot, c’est-à-dire catholique, que j’ai eu le bonheur de comprendre l’idée du bien, et que j’ai cherché à le mettre en pratique. Oui, ce changement décisif n’eut lieu qu’après ma première confession à un prêtre de votre Église. C’est bien remarquablé ;
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mais il en doit être ainsi : car elle seule peut offrir à l’homme assez de secours pour se vaincre ; elle est sur la terre la seule société où l’on puisse réaliser en soi l’idée de la perfection, le seul intermédiaire entre vous et l’homme; elle seule possède, parmi ses trésors, cette échelle dont le pied est posé sur un autel terrestre, et dont les derniers échelons se perdent dans votre infinité.
Que j’étais loin de comprendre cette vérité! Je croyais toutes les religions bonnes, et la sentence si vraie, si logique : Hors de 1 Église point de salut, me semblait une monstrueuse absurdité. Néanmoins, j’aurais donné la préférence entre toutes à une des sectes protestantes. Le protestantisme me paraissait plus raisonnable, c’est-à-dire exiger moins de foi, en un mot, être moins chrétien. — Mais, grâce à vous, Seigneur, je n’ai pas été longtemps le jouet de cette erreur. Il y a dans le culte protestant quelque chose de sec dont mon cœur ne pouvait se contenter; et plus lard, j’ai vu que, non-seulement mon cœur se révoltait contre ce culte, mais que ma raison aussi se révoltait et contre le culte et contre le dogme. Pendant quelque temps, je pensai que peut-être l’Église grecque possédaitla vérité, etune fois décidé à être chrétienne cherchai très-sérieusement et avec un désir sincère, à appartenir de cœur à cette Église dans laquelle j’étais né. Aussi dans mes entretiens avec le prêtre dont je viens de parler,