‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 95 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

j’étudiais avec soin .les raisons par lesquelles il cherchait à me prouver la vérité de son Église. Mais celte illusion fut de courte durée; plus je m’approchais de vous par Famour et par le besoin de la vertu, moins la pratique des grecs pouvait me suffire ; et quoique loin encore de pouvoir apprécier la vérité catholique, je sentais déjà pour votre Église un attrait que je cherchais à vaincre de tout mon pouvoir, comme un mal.

Nous étions en carême, et votre providence avait voulu, pour mon bien, que le R. P. Minini, de la Compagnie de Jésus, prêchât tous les jours dans l’église la plus voisine de l’hôtel que j’habitais. J’avais besoin d’une forte nourriture spirituelle, et c’était avec un intérêt toujours croissant que j’allais l’écouter. Un jour, il parla de la mort, et je fus extrêmement touché de son discours ; puis, il déroula, dans une suite de sermons., une partie de votre divin enseignement; et plus d’une fois mon cœur palpita en l’écoutant ! Mais je n’admirais encore que les vérités générales de la religion et particulièrement sa morale; quant au dogme, je le mettais toujours en seconde ligne ; je ne voulais pas m’en occuper, et je me souviens que je fus presque scandalisé le jour où, racontant l’histoire des hérésies qui avaient souillé le christianisme, le P. Minini tonna avec force contre les fourberies de Photios que nos frères séparés eux-mêmes sont forcés de

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mépriser et de plaindre. J’étais encore si ignorant <jue j'accusais le P. Minini 4e manquer de charité, et je souriais de ses efforts. Ce qui me frappait néanmoinset m’édifiait dans les églises catholiques, c’était le profond recueillement des fidèles agenouillés ; je comparais leur attitude modeste et immble à l’agitation très-souvent indécente, à l’ennai profond, aux regards distraits et aux conversations continuelles d’un grand nombre de mes coreligionnaires pendant l’office divin ; je trouvais quelque chose d’officiel dans leur manière de prier; et, malgré moi, j’étais obligé de convenir qu’il y avait plus de piété chez les catholiques que chez les grecs. J’en pariai une fois au prêtre grec qui chercha à me désabuser, en m’assurant que cette piété .si édifiante des catholiques était feinte. Du reste, ce prêtre, tout en bjâmant les innovations que les catholiques avaient, selon lui, introduites dans leur Église, ne disait pas trop de mal de leur enseignement ; et ici il m’est impossible de ne pas plaindre Taveuglement de nos pauvres frères séparés, aveuglement inconcevable pour oeux qui appartiennent à la vérité. Ce prêtre était certainement instruit et d’un esprit audessus4e l’ordinaire; mais, telle e6t la force de6 préjugés d’une part, et ceHe delà vérité de l’autre, que ce* homme qui croyaità son Église et qui tous les jours séchait dans son symbole : « Je crois l’Église me,- » que <ce même

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