‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 170 sur 200 · Emphysème pulmonaire · texte numérisé non relu

Emphysème pulmonaire

Il arrive très souvent que des hommes à la fleur de l'âge aient à souffrir de difficultés de respiration et qu'ils soient même quelquefois exposés au cruel danger de mourir par suffocation. Ces personnes sont habituellement assez obèses, et leur genre de vie contribue encore , comme cause secondaire, à aggraver leur situation.

La cause principale de cette infirmité est ordinai- ■oaireroentun affaiblissement général de l'organisme,

qui, étant flasque, languissant, paresseux et anémique, n'opère pas la sanguification, comme il serait nécessaire pour le corps. Ne pourrais-je pas comparer ces personnes à une machine dans laquelle les rouages s'engrènent parfaitement, mais qui est trop faible pour réaliser le travail qu'on exige d'elle? Une autre raison de cet état pathologique sont presque toujours les gaz qui s'amassent dans le bas-ventre et exercent une pression sur les organes du haut du corps. Ceux-ci, par conséquent, sont mis à contribution plus que leur rôle ne comporte et souffrent sous cette pression, de sorte qu'il se produit un serrement général. On peut remédier au mal, d'un côté, en expulsant les gaz et, d'autre part, en endurcissant le corps et en le fortifiant par une nourriture bien choisie, simple et substantielle. Une expérience de 30 ans m'a appris que c'est précisément par cette affection que la maladie de Bright prend facilement le dessus, c'est-à-dire que le corps, déjà affaibli du reste, se laisse désagréger et ruiner par cette maladie.

Un homme, passablement gros et approchant des 40 ans, était pris de temps à autre de tels accès d'étouffement qu'il s'imaginait — son médecin l'a confirmé dans cette opinion — qu'il succomberait à une deuxième répétition du même accès. La gêne de la respiration était si grande qu'on l'entendait à l'étage inférieur. Les douleurs et l'angoisse augmentaient parfois au point que c'était, comme il disait, à se cramponner aux murs. A chaque accès la dyspnée durait un certain temps et affaiblissait tellement le corps qu'il se sentait tout malade. Quand ces crises étaient passées, il éprouvait du bien-être.

S'il se passait parfois un certain nombre de jours sans crise, c'est que l'attaque devenait alors d'autant plus forte.

Notre homme avait la plus grande horreur de l'eau et il ne put se résigner à la cure que lorsque tous les autres moyens l'avaient trahi. Il employa différentes applications, six semaines durant. La guérison fut si complète que les crises ne revinrent plus, et que ce monsieur jouit depuis lors — voilà 16 ans passés — de la plus florissante santé. Voici son traitement : il prit pendant plusieurs jours une tisane, qui produisit une selle lente, mais abondante ; ensuite il employa le demi-maillot, les compresses supérieures et inférieures, enfin les demi-bains et les bains entiers de la durée d'une minute. Entre temps le manteau espagnol rendait aussi de bons services. Les applications furent pratiquées dans l'ordre suivant :

D'abord le demi-maillot, qui commence à expulser les gaz et à résoudre leur cause; puis les compresses supérieures et inférieures, qui sont une continuation de la première application et qui exercent en même temps une action confortante ; ensuite le manteau espagnol, qui élimine de la peau tout ce qui ne doit pas y être ; enfin les demi-bains, qui fortifient l'organisme.

Un autre monsieur avait à souffrir d'une telle gêne de respiration que les médecins déclarèrent qu'il avait une hydropisie du cœur. Ce patient n'était pas gros, quoique bien nourri, et pourtant il ne pouvait monter un escalier qu'avec une peine extrême. Point d'appétit, sommeil très agité, toujours de l'inquiétude. Il avait eu jadis un emploi qui procure du

mouvement; plus tard il travaillait dans un bureau, et cette vie tranquille et sédentaire lui valut peu à peu son mauvais état de santé, dont nous venons de parler. Pour le guérir, je ne lui prescrivis que peu et de légères applications d'eau, et elles lui rendent service encore maintenant, toutes les fois que l'ancien mal fait mine de reparaître. Depuis douze ans, ce mal a reparu souvent, mais chaque fois il a été repoussé promptement. A côté des applications d'eau, le patient buvait un thé que, pour ses bons effets, il apprit à aimer. Ce thé procure uniquement une selle régulière et l'expulsion des gaz de l'estomac; en même temps il dispense des nombreuses et fortes applications d'eau que notre homme redoute et pour lesquelles le temps lui manque parfois. Ce thé, c'est le fouille-régulateur, et les applications pratiquées sont les suivantes : 1) Quand le mal n'apparaissait qu'à un faible degré, il suffisait de trois compresses inférieures par semaine et de se laver avec énergie, tous les matins en se levant, le dos, la poitrine et le ventre. 2) Quand le mal était plus intense, c'est le demi-maillot ou le demi-bain, qui fut employé. — A ces applications venaient s'ajouter les ablutions de nuit, qui rendaient toujours de bons services.

Il est curieux, et souvent je m'étonne que l'on emploie contre ces états maladifs les moyens les plus violents, moyens qui ne peuvent jamais avoir de bons résultats pour la santé.'' C'est avec des toxiques que l'on traite malheureusement trop souvent les pauvres infirmes, ce qui est et restera pour

^ J'ai sous les yeux une lettre dans laquelle un patient se plaint et me fait l'énumération des poisons qu'il a déjà dû avaler dans ses différentes maladies.

moi un mystère inexplicable. Il faut que je me fasse sans cesse violence pour conserver mon calme.

Un curé avait été atteint d'une fluxion de poitrine à un haut degré, et l'emphysème des poumons (dilatation des vésicules des poumons, infiltration d'air dans les parois pectorales) s'en était suivi. Il vint à moi en toussant tellement que cela faisait peine à entendre. Il était d'apparence très malade, avait peu d'appétit et ses forces allaient en diminuant. Les médecins lui avaient déclaré que ses poumons n'étaient pas inguérissables.

Il pratiqua les applications suivantes, pendant 2 semaines : 1) chaque jour, 2 afïusions supérieures ; 2) chaque jour, 2 promenades dans l'eau durant 3-5 minutes; 3) 3 fois par semaine, le châle, et 4) tous les 2 jours, un bain de siège de la durée d'une minute. — Outre cela le malade eut à prendre en boisson une décoction de fenugrec préparée avec du miel, à la dose d'une cuillerée par heure.

Quel fut l'effet de ce traitement? Les affusions fortifièrent la partie supérieure du corps. Au début la toux augmenta davantage encore, mais il partit une masse de glaires. Après 3 jours la toux et les crachats diminuèrent, et au bout de 12 jours il n'y eut plus qu'un petit reste d'engorgement. Il disparut complètement par la nouvelle application d'affusions supérieures, d'affusions des genoux et par l'usage du thé d'ortie et de plantain. Trois semaines plus tard, le malade fut en pleine convalescence.

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