‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 61 sur 200 · Fouille-régulateur · texte numérisé non relu

Fouille-régulateur

Il y a quarante ou cinquante ans, la coutume existait de se faire faire une saignée à des époques bien déterminées, et de prendre à tel ou tel quartier de lune, scrupuleusement marqué dans l'almanach, la purge régulière (annuelle ou semestrielle). Comme les temps sont changeants, ainsi que les hommes et les idées !

Aujourd'hui encore bien des personnes n'ont pas abandonné la conviction que, de temps à autre, Testomac a besoin d'un curage à fond.

On serait tenté de rire, si parfois on n'avait pas toutes les raisons de pleurer. En vérité, si vous avez le sens commun, droit et simple, et que vous songiez à la manière de vivre de certains hommes, je dirais presque de certaines classes d'hommes, relativement à leur nourriture et à leur boisson, vous ne trouverez pas déplacé que je soulève cette question.

Si l'estomac, surmené par un travail excessif et coupable, pouvait crier, il crierait au secours contre ces malfaiteurs insensés et criminels. Mais, dans l'état où il se trouve, il est forcé d'absorber tout, de se gâter, de se ruiner misérablement.

Je suis donc tout d'abord pour une manière de vivre raisonnable, pour un traitement humain du pauvre ouvrier, qui pose le fondement indispensable de tout travail ultérieur. Ce n'est qu'à cette condition que l'estomac, cet ouvrier fidèle et laborieux, se portera bien.

Si par imprudence — cela peut arriver — il arrive un accident, je m'oppose absolument à tout purgatif drastique, je réprouve tout remède violent, quelque nom qu'il porte.

Purger n'est pas autre chose, à coup sûr, que chercher à déterminer des évacuations alvines plus abondantes, sans endommager la santé et les forces du corps. C'est tout. Mais cet effet ne peut-il être obtenu d'une autre manière, d'une manière si simple et si inoffensive, que les remèdes des plantes, au lieu d'attaquer l'estomac, le soutiennent comme de bons amis, lui prêtant leur appui et mettant à sa disposition toutes leurs ressources, afin de lui faire essayer ses propres forces dans l'élaboration des sucs gastriques?

Longtemps j'ai cherché parmi les plantes celles qui, tout en agissant très bien isolément, ne portent néanmoins un secours véritable à l'estomac que par l'union de leurs forces, viribus unitis, c'està-dire les plantes qui, en affaiblissant l'estomac par la résolution et l'évacuation du contenu corrompu, le fortifient en même temps de telle sorte qu'il ne suspende pas un seul moment son travail, qu'il ne

fasse même entendre aucun murmure de mécontentement.

Je crois avoir trouvé ces plantes, ainsi que la manière de les mélanger. Ce sont deux recettes différentes, dont je ne fais jDas mystère. Je désire, au contraire, que beaucoup de personnes en fassent usage pour leur utilité propre et pour le soulagement des autres.

Je ne savais quel nom donner à ce médicament, quand un monsieur, dont il avait remonté et réglé l'horloge stomacale, le baptisa de fouille-régulsiteur. Je n'ai pas à redire à cette dénomination, mais le fait est qu'il a secouru vaillamment des centaines de patients, et j'ai dû le faire voyager, souvent et par quantités notables, jusqu'en Suisse, jusqu'en Hongrie.

Voici les deux recettes du fouille-régulateur :

I. On prend 2 cuillerées à bouche de fenouil moulu, 2 cuillerées à bouche de genièvre pilé, 1 cuillerée à bouche de fenugrec et 1 cuillerée à bouche d'aloès en poudre. — On mélange bien le tout et on le conserve dans une boîte en lieu sec. Le remède n'a d'efficacité qu'au bout de 12-30 heures . On en prend ordinairement, sous forme de thé, une petite tasse dans la soirée, avant de se mettre au lit. Pour cette tasse il suffit d'une petite cuillerée du mélange : on fait bouillir pendant un quart d'heure, i puis on décante et l'on boit la décoction chaude ou froide, avec ou sans sucre.

Les natures fortes et robustes peuvent prendre, 2 jours de suite, 1 tasse de fouille-régulateur ; mais les personnes plus faibles feront bien de répartir leur unique tasse sur 2 ou 3 journées, de manière à n'en boire chaque soir que 4-6 cuillerées, comme on

fait pour la médecine. Sans éprouver aucune incommodité, on entendra le fouille-régulateur chercher, examiner, rassembler, fouiller.

Parmi ceux qui feront usage de ce thé plusieurs n'en auront absolument aucun résultat, bien qu'ils le sentent travailler ardemment. La police fait des perquisitions, mais ne trouve pas toujours des voleurs ; de même le fouille-régulateur cherche, mais là où il n'y a rien à trouver et à chasser, il laisse tout à sa place et n'engendre pas ces grandes et regrettables faiblesses, qui suivent toujours de près la purgation.

Notre thé est non seulement un purgatif, mais aussi un diurétique. Il expulse même les grands engorgements de la poitrine.

J'ai eu des cas où le fouille-régulateur, employé après une diarrhée longue et opiniâtre, a éloigné les derniers restes des substances malsaines et a fait succéder à la révolution intérieure une paix solide et durable. Une petite tasse, prise en 3 portions pendant la journée, suffit parfaitement.

II. La deuxième recette de mon fouille-régulateur est la suivante :

Je mélange ensemble 2 cuillerées à bouche de fenouil moulu, 3 cuillerées à bouche de genièvre pilé, 3 cuillerées à bouche de racines d'hièble en poudre, 1 cuillerée à bouche de fenugrec et 1 cuillerée de poudre d'aloès.

Ce thé n'exclut pas l'action sur les selles ; mais son champ d'opération est (non pas dans l'estomac et le tube intestinal) de préférence dans les reins et la vessie : il chasse les éléments malades par la sécrétion urinaire. Si vous éprouvez des malaises dans l'abdomen (région de la vessie), une difficulté

d'uriner, une inflammation dans la vessie et les reins, les symptômes de l'hydropisie, alors faites tranquillement usage de mon deuxième fouille-régulateur. Le mode d'emploi se règle sur ce qui a été dit du premier fouille-régulateur.

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