‹ Ma doctrineChapitre 3 sur 40 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

m'attendais bien plus à l’hostilité de l’extrêmegauche qu’au déchaïnement du centre.

Les passions de parti, le dogmatisme de certains hommes en décidèrent autrement. Les mêmes passions, les mêmes parti-pris s’acharnèrent contre moï quand j’agis dans le domaine de la politique extérieure. Parce que, en 1911, je manifestai, avec l'éclat qu’imposaient les circonstances, mon attachement à ja politique de conciliation européenne des Jules Ferry, des Waldeck-Rousseau, parce que, engagé et m'engageant, avec l’allure décidée qui m'est habituelle, dans la route où ils avaient cheminé, je recherchai un rapprochement avec l’Allemagne, une entente avec nos voisins sur toutes les questions, une seule, la plus grave, étant exceptée, parce que, apercevant dès ce moment la grande catastrophe à l’horizon, me rendant compte que les ravages en seraient atroces, je restai fidèle, après avoir quitté la Présidence du Conseil, à une politique qui me paraissait seule de nature à prévenir le cataclysme, parce que je ne cessai de prêcher la détente entre les groupes de puissances qui S’opposaient alors en Europe, les nationalistes et les clients avoués ou dissimulés qu'ils comptent dans tous les partis arguèrent que je songeais à rompre nos alliances, que j’envisageais une subordination de la France vis-à-vis de l’Allemagne.

La guerre éclata. Les attaques contre moi et ma politique se précisèrent, se développèrent. On réussit à me retrancher pendant sept années de la vie publique.

Mais, on ne peut ignorer indéfiniment les réalités. Elles se vengent et vengent qui les a cherchées et découvertes. Force fut, quelque jour, d’apercevoir que mes prévisions ou mes exhortations n'étaient que trop fondées. Je fus rappelé au Gouvernement en 1925. Je redevins pour la cinquième fois ministre des Finances. Ayant à faire face, dans la maison de la

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