‹ Ma doctrineChapitre 27 sur 40 · ANA LÀ · texte numérisé non relu

ANA LÀ

opération qui ne devait jamais perdre son caractère conservatoire. Ils auraient évité de verser dans une politique extérieure de matamores, audacieuse et faible à la fois.

Ont-ils voulu suivre les forcenés du nationalisme qui réclament le dépècement de l’Allemagne, l'extension de la France, qui évoquent la grande ombre du Cardinal de Richelieu ? Ils eussent dû, en ce cas, se remémorer le conseil que le ministre de Louis XITY a légué à ses successeurs : « Cacher par une feinte modération le dessein d'étendre notre domination vers le Rhin. »

Mais je ne puis croire que des hommes :pondérés aient chevauché d'aussi dangereuses chimères. L'heure du « pré carré » réclamé par Vauban est passée. Tout ce à quoi la France peut prétendre c’est à une collaboration économique et morale avec des populations germaniques désarmées, qui lui furent liées dans le passé et qui ne furent placées sous la souveraineté de la Prusse qu’en 1815, grâce, a dit Châteaubriand, à la complaisance “A 04 de Talleyrand.

Est-ce cette politique qu’on a eue en vue ? Mais, pour la réaliser, il eût fallu le concours des populations rhénanes ; il eût fallu se concilier leurs sympathies, ne pas les blesser par des mesures de dureté ;

il eût fallu, surtout, ne pas tolérer les ridicules ‘4 pantalonnades séparatistes dont maintenant on se lave les mains dans la cuvette de Ponce-Pilate mais #

dont il est permis de dire qu’elles ne se seraient pas. # produites si les éléments qui s'y sont livrés ne … s'étaient cru certains de l’appui de la France. \ 4 Au vrai, on a vacillé, on a laissé faire des agents 1

obéissant à des impulsions diverses. FN Tout à coup on se réveille. La baïsse du A 1

On sent vaguement qu'elle traduit une révolte du # capital mondial contre des agissements qui. figurent 4

| miscours pRoNoNGÉS en 1924, EN 1925 937

une politique. Brusque coup de barre! On cesse de reconnaître les prétendus gouvernements autonomes : on se retire ou on se prépare à se retirer, sous le regard narquois de ceux qui ne nous aiment pas, de positions qu’on avait occupées ou qu'on avait fait mine d'occuper.

Demain sans doute on entérinera des consultations d'experts, dont, il y a un an, on tenait les avis en parfait dédain. |

Est-ce que ces hésitations, ces fluctuations, que peut expliquer le désir de susciter des enthousiasmes de presse et de pourvoir aux facilités quotidiennes du gouvernement mais qui font des ravages à l’étranger, Élatmé un jour par nos avancées, désorienté le fn. demain par nos replis, sont de nature à servir les intérêts de Ia France? Croit-on d'autre part que l'opinion extérieure n’accueillera pas avec quelque scepticisme des gestes d’apaisement venant d’un gouvernement auquel ses actes, ses paroles ont fait attri-

buer d’autres intentions ?

La réponsé est sur toutes les lèvres et chacun de

mes auditeurs comprend que notre pays ne recou- … vrera son autorité morale et son crédit que lorsqu’au- |» ront disparu du premier plan de la scène politique les partis et les hommes qui ont si pauvrement tenu le gouvernail.

# . Pour la hauté politique française et humaine qui | assurera la grandeur et la sécurité du pays, qui, sans sacrifier à l’utopie, sans se départir de la vigilance, … s’efforcera de réaliser, sous l’égide de la deiéte des Nations, les États-Unis d'Europe, c’est-à-dire la seule … tombe dans laquelle on puisse ensevelir les impéria- lismes toujours menaçants, pour la grande paix des peuples, en un mot, il faut que la démocratie radicale et socialiste reprenne les leviers de commande. Re Républicains qui m’écoutez, vous savez l’œuvre de . réaction entreprise pendant ces dernières années

la lutte insidieuse contre les lois de laïcité, la mise en sommeil de la loi sur les associations, les empiétements d’une basse oligarchie d’affaires, les entreprises contre la dignité Has fonctionnaires, vous avez hâte de voir restaurer la République des Droits de, l'Homme et du Citoyen, la République du Progrès social et du contrôle sur les grandes forces d’argent, la République qui, réglant le parlementarisme, conciliera la liberté avec l'autorité. |

Au cours de la campagne électorale vous rencon- … trerez des contradicteurs qui prétendront barrer la. route au nom du patriotisme dont ils s’arrogent le monopole.

Répondez en étalant les résultats que, dans l’ordre politique, dans l’ordre économique, dans l’ordre financier a obtenus le nationalisme. Gouvernant à travers un voile diaphane, il s’est, par son ignorance des valeurs relatives, par sa frivolité niaise, par sa superbe inconsidérée, constamment inscrit contre la Nation. É

Et puis, allez à la bataille.

Pour le bien, pour la vie du pays, il faut que le suffrage universel situe la France à un de ces relais où, selon la parole du poète, les Destins changent de chevaux.

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