‹ Ma doctrineChapitre 29 sur 40 · RIT · texte numérisé non relu

RIT

PSS

tiel des dommages de guerre, le fardeau des dettes interalliées.

De l'énorme dépense que le remboursement des

dommages de guerre causera, je ne parlerai qu'avec

discrétion.

Tout a été dit à ce sujet. Je me bornerai à répéter que la basse formule : « L'Allemagne paiera ! » fut lourde de conséquences désastreuses, qu’elle a notam-

ment abouti à faire avancer 57 milliards pour le

compte de la Germanie. Le montant total des factures produites dans les régions libérées atteindra au mi-

. nimum 82 milliards, 25 milliards restent à payer. La Trésorerie est essoufflée. Les petits sinistrés piétinent

dans les gravats.

Sans doute trouvera-t-on pour les approvisionner des procédés dont je crois entrevoir certains. Mais, le défilé de trésorerie franchi, les questions principales

.subsisteront. Que recouvrerons-nous de l’Allemagne dont la contribution, telle la peau de chagrin de

Balzac, a été en s’amenuisant toutes les fois qu’on en

a parlé? Dans quelle mesure la somme que nous

recevrons de nos ennemis de la veille ne sera-t-elle pas Ssaisie-arrêtée par nos créanciers ? Se satisferont-

| ils même de ce mode de paiement ? Que d’éventua- lités redoutables pour nous!

Je ne dramatise pas. Loin de là ! Peut-être me trouverait-on trop optimiste si je développais toute ma pensée. Je la résumerai en indiquant que, quand je regarde ce que j'appellerai nos finances intérieures, je ne me laisse pas épouvanter par les chiffres,

: » invraisemblables cependant, de notre passif et de nos

impôts. Je ne me laisse pas davantage épouvanter par des tressautements dans les cours de la Bourse et des changes qui sont lot courant aux pays à monnaie altérée. Menus incidents qui commandent certes la

… vigilance des financiers d’État, mais qui ne sauraient

4 troubler leur sérénité. M'’efforçant de juger les choses

de haut je me dis que, après tout, notre budget approche de l’équilibre s’il ne l’atteint pas, que, à. la condition de se défendre de la fiscalité échevelée qui ne paie pas, de la fiscalité bossuée par des exceptions, hérissée de formalités inopérantes où se sont \ complus les argentiers du Bloc national, à la condition d’assouplir comme je l’avais proposé jadis le mode d'’assiette de nos impôts directs, on parviendra à circonscrire le champ de la fraude jusqu'au jour où des accords internationaux permettront de l’enrayer. Je me dis encore que, si la nation garde confiance en elle-même comme elle le doit, si ses représentants, entendant leur devoir, se défendent contre la démagogie dans la dépense, les difficultés qui sont: à l’horizon se résoudront et que le vaisseau de l’État voguera bientôt en mer libre. On pourra, on devra alors penser à l’alléger à l’aide de vastes opérations financières. Quelles que soient les modalités auxquelles on aura recours, quand même on envisagerait un prélèvement sur le capital, auquel, pour ma part, je vois de grosses difficultés, aux lieu et place des novations de dettes dont je suis partisan, que je voudrais seulement coulés dans des moules différant des moules anciens, je me sens assuré qu’on obtiendra le bon vouloir et le concours nécessaire de tous les contribuables, si on les pénètre de la conviction qu'il s’agit d’une fin, d’une fin amère mais d’une fin véri- .| table, à la précarité financière. Je suis encore plus … assuré que, quoi qu'on décide, les solutions qu'on adoptera, n’aboutissant, à tout prendre, qu'à des déplacements de revenus ou de richesses entre citoyens d’un même pays, pourront affecter les économies individuelles, mais n’entraveront pas: Vessor | de la Nation.

Il en serait tout autrement, la France Dre Li liberté de ses mouvements si elle devait pay er tropes

à des États. étrangers.

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