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PRÉFACE XIX

sion de retraite, acquise par trente-cinq années de services publics, ne fut pas non plus servi? à Michelet pendant toute la durée de l'Empire.

Il n'avait aucune fortune , et pourtant , il s'interdit de réclamer contre cet arbitraire inique. L'épreuve personnelle lui devenait chère, puisqu'elle le mettait en communion plus étroite avec la Patrie malheureuse. Son seul souci fut, de porter dignement l'indigence qui lui revenait si tard, après un demi-siècle de labeurs.

Pour se garder de ce qu'elle a de dépressif dans les villes , sous le regard de tous, il prit le sage parti de se réfugier au fond d'une campagne , à cent lieues de Paris.

Là, du moins, on pourrait se faire illusion. Était-ce pauvreté réelle ou rusticité voulue? On n'aurait pas toujours su le dire. La maison, égayée de soleil et parée, ici et là, de verdure mêlée a quelques fleurs, s'ouvrait, aux rares visiteurs, souriante.

Et pourtant, la vie y était bien sérieuse, difficile même, avec un si mince budget. Aussi, la maîtresse du logis ne chômait guère, la bonne administration de son petit gouvernement, l'appelant un peu partout à la fois.

Où la chercher ? où la saisir ? L'étendue du jardin, du verger, permettait qu'elle y fût un peu

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