PRÉFACE XXIII
quMl m'avait donnée, a été bien souvent le soutien de la sienne. Il ne supportait plus alors mon absence , même à ses heures de réception. « Ne t'éloigne pas, me disait-il, reste avec nous. Je parle autrement et beaucoup mieux, quand je te sens près de moi. » Et cela était, en effet.
Tant il est vrai , que la femme qui n'a pas fait la faute de se viriliser, jusqu'à en perdre l'élément essentiellement féminin : la délicatesse et la grâce, imposera toujours à l'homme qui raconte ses pensées devant elle, d'y mettre des nuances dont il aurait beaucoup moins le souci , s'il était seul avec un autre homme. Les mêmes choses seront dites, mais ce sera dans une autre langue.
Michelet a très bien marqué la nuance, lorsqu'il a dit : « Avec la femme, l'idéal doit toujours être mêlé au réel. »
Il ne faudra pas chercher ailleurs, le secret de tantdepages adorables qu'on dirait, parfois, écrites d'une fine main de femme. Si elle ne les a pas écrites, elle les a entendu raconter, et cela seul a suffi pour changer le ton. C'est comme si un peu de son âme féminine y était resté mêlé.
Il est encore certain, que bien des choses de