‹ Ma jeunesseChapitre 14 sur 40 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

la vie passée, si précieuses à retrouver aujourd'hui, eussent été perdues à jamais, si Michelet fût resté dans son veuvage solitaire. C'est surtout dans la société d'une femme aimée et 5wre, que l'homme trouve du charme à se confier. Les loûgs tête-à-téte que ménagent les longs séjours d'été à la campagne ; les lentes promenades dans les allées silencieuses, favorisent, singulièrement, la causerie.

Le plus souvent, les questions générales nous ramenaient sur le terrain des souvenirs intimai Michelet avait beaucoup à raconter; il s'abandonnait avec moi, se laissant voir tout entier, ne me déguisant rien. Il me savait le cœur trop haut pour connaître les mesquines jalousies rétrospectives. Dans ces retours à un passé qui n'avait pas été le mien, si quelque blessure secrète et mal fermée venait à se rouvrir, il la laissait saigner bien sûr, d'avance , qu'une main amie verserait dessus le baume adoucissant.

Ces confessions n'étaient donc pas les rêveries d'un songeur inoccupé. Chez Michelet, tout convergeait vers l'action et tout avait un but. Pour celui qui sait lire entre les hgnes, tous ses ouvrages , même V Histoire de France , à plus forte raison, les Petits Livres écrits sur les routes , pour « rafraîchir et désaltérer un sang

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