‹ Ma jeunesseChapitre 16 sur 40 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

pour celles du dimanche. Il la revoyait à pareil jour, par le souvenir, seule, triste, ennuyée, lui demandant, à treize ans, à partager sa lecture qui, n'était autre que celle de Montaigne. C'était encore en pensée d'elle , qu'il émettait le vœu qu'un livre attrayant et sain, fût fait pour la jeune fille laissée, sans préservatif, au dangereux ennui d'une longue journée d'oisiveté, — lorsque la saison pèse, que l'église, veuve de ses fêtes et somnolente elle-même, aux offices languissants de l'après-midi, ne donne plus à l'âme sa nourriture accoutumée.

J'ai vu enfin ce souvenir lui jaillir du cœur, lorsqu'il exhortait la jeunesse à la pratique d'une vie relativement abstinente , afin de conserver l'énergie et le besoin de l'action. Il se sentait d'autant plus le droit de conseiller le dédain des plaisirs faciles , le renvoi des maîtresses vulgaires ou frivoles, que lui-même, à vingt ans, dans l'orage d'un premier amour, il avait su lutter et souffrir une agonie morale, pour remporter sa première victoir"^ d'honnêteté.

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