XXX PREFACE
d'ailleurs, celui, qu'en des termes différents, toute la presse parisienne a porté sur ce travail :
« Les moines du moyen âge, au fond de leurs cellules , consacraient parfois une vie entière de patience et de labeurs à découper dans l'œuvre des poètes antiques, — de Virgile surtout, dont le tendre génie semblait avoir devancé les temps nouveaux, — d'ingénieux centons, oii les vers de rÉnéide ou de la Pharsale se pliaient, avec plus ou moins de flexibilité, à chanter, non plus les héros du paganisme , mais les saints du christianisme.
)) Ce souvenir s'impose presque irrésistiblement à notre pensée , en présence du monument que M"" Michelet vient d'élever à la mémoire de son mari. Il faut avoir examiné de près ce travail de mosaïque pour se rendre compte de ce qu'ont demandé de piété intelligente ces trois volumes où, sans mélange d'aucun alliage, se trouve résumée , ou plutôt réduite , l'œuvre entière de Michelet. Pour amener à bien un travail de ce genre, il n'était pas seulement besoin d'un art délicat autant que sûr ; il fallait, avant tout, l'inspiration d'un sentiment profond. Seule M"^ Michelet pouvait assez entrer dans la pensée du grand historien pour ne rien élaguer d'essentiel et ne rien donner de superflu »