‹ Ma jeunesseChapitre 3 sur 40 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

sa vie, ne fut, je crois, jamais plus forte qu'au moment où il écrivit la magistrale préface qui est placée en tête des six volumes de son Moyen âge, 1869. Cette préface explique et résume sa méthode historique. Parler de l'homme en même temps que de l'historien, eût été, en cet endroit^ aussi naturel qu'instructif.

Le diflScile était d'en prendre le temps. Un volume n'eût peut-être pas suffi ; et l'âge venait, la santé commençait à faiblir. La sagesse lui commandait de ne pas se détourner un seul jour de son grand labeur quotidien.

Il fallut donc renoncer. Ce ne fut pas sans tristesse. On en trouve surtout l'expression dans ce journal q\\\ fut le confident le plus intime, l'ami auquel il disait tout : « L'histoire ne lâche point son homme. Une fois qu'elle ^ tient, elle boit sans pitié son sang . sa moelle ; elle confisque à son profit toute une existence. Élevé par elle sur les sommets ou plongé dans les marais fangeux, on plane, on patauge, on trébuche aux sentiers scabreux , mais on va toujours sans reprendre haleine. Pour tout ce qui est personnel , on dit 'toujours : A demain. Hélas ! ce lendemain dont la vision décevante passe devant nos yeux, ce dernier soir de la vie que nous voudrions réserver pour le bonheur intime ou le recueille-

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