‹ Ma jeunesseChapitre 5 sur 40 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

franche, sans préoccupation de ce qu'en pourront faire un jour, les biographes.

Si, plus tard, Michelet a pensé à cette éventualité; rétat dans lequel il a laissé ses cartons aflirme qu'il n'a jamais cherché, pour se préparer son apothéose, à supprimer, à modifier les innombrables notes intimes confondues à la mass(^ de ses papiers d'étude. Elles nous donnent bien l'homme, tel qu'il a vécu, et qu'il est bon de connaître. Rien, de l'emphase ni de la boursouflure orgueilleuses qui rendent tant de Mémoires suspects. Ici, il n'y aura ni demi-dieu descendu tout droit de l'Olympe, ni enfant prodige, lançant, dès son premier bégaiement, de ces grands mots d'oracle que l'on prête volontiers, rétrospectivement et gratuitement, aux hommes dont le génie éclate vers la maturité de l'âge.

Lep premières années de la vie de Michelet n'ont été, certes, ni insignifiantes, ni vulgaires; elles comptent, même, parmi les plus émouvantes qu'on ail racontées. Mais pour ce qui est du développement progressif de l'esprit, l'enfant et le jeune homme ont eu la bonne grâce d'imiter en tout la nature , de suivre , sans soubresauts , les évolutions successives qui font germer, croître, fleurir et mûrir en son temps, en sa saison, le fruit humain — l'âme — aussi bien que la plante.

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