J. B. PROULX, PRE, V. R. U. L. M
Quésec, 15 janvier 1891.
À Son EMINENCE LE CARDINAL SIMEONI, Préfet de la S. Cong. de la Propagande.
EMINENTISSIME SEIGNEUR
J'ai accompli, avec empressement et amour, ce que Notre Saint le Père le Pape m'a fait demander par l'entremise de Votre Eminence.
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Vous trouverez ci-incluses : 1° la copie d’une déclaration solennelle à Son Eminence le Cardinal Taschereau, archevêque de Québec; 2° et la copie d’une lettre d'explication plus intime au même Éminent cardinal.
J’enverrai à Votre Eminence, dans quelques jours, le rapport imprimé, que je fais à Monseigneur l’Archevêque de Montréal, de monadministration universitaire depuis le mois d’août jusqu’au dernier jour de l’année 1890. Vous y trouverez la collection complète de la correspondance et des documents qui ont vu le jour pendant ce laps de temps, lesquels démontreront clairement à Votre Eminence avec quel calme, avec quelle modération, avec quelle sincérité, avec quel respect pour tous nous avons agi.
De plus, Votre Eminence recevra, sous peu, l'exposé des raisons qui nous ont empêchés de consulter offciellement le Conseil Universitaire, et la preuve que je me suis conduit, en tout, complètement sous la direction immédiate et minutieuse des Evêques de la Province de Montréal.
S'il n'y avait que ma personne au jeu, je n’essaierais même pas à me justifier. Je n’ai accepté cette charge si tourmentée de Vice-Recteur à Montréal, que dans l'espérance de faire triompher dans le district de Mon. tréal les décrets romains si sages et si larges, que des exigences, peut-être pas injustes, mais certainement dures et rigoureuses, y avaient irrévocablement compromis. Maintenant que ce triomphe est assuré, en autant qu'il dépend de moi, arrive que pourra.
Il y a longtemps que jesuis prêt à toute éventualité.
J’écrivais à Sa Grandeur Monseigneur Edouard Charles Fabre, en date du 28 septembre 1889 : ‘“ Pour l'amour de Dieu, pour l’amour du Pape, sortons de cette impasse. Il faut battre le fer quand il est chaud. Je sais que la circonstance est grave. S'il est besoin d’un homme de bonne volonté pour couvrir des responsabilités plus précieuses que la mienne, je m'’offre; ne craignez pas de m'exposer ; quand mon utilité sera passée, je retournerai volontiers dans ma bonne et paisible paroisse de St-Lin : ce que, du reste, je me propose de faire le plus tôt possible. ”
Et le 25 de novembre 1890, j'écrivais à Son Eminence le Cardinal Taschereau : ‘ Après la session, s’il est besoin d’une victime, je m’offre volontiers en immolation pour le plus grand bien dela paix, de l'union et de la concorde. Mais pour le présent, de grâce, au nom de ce que nous avons de plus cher, que l’Université Catholique ou les amis de l’Université Catholique, s’unissant à ses pires ennemis, ne viennent pas porter un pareil coup à l’autorité des Evêques et au respect dû aux désirs du Saint-Siège. ”
Je comprends que ces paroles sont sérieuses et s0lennelles ; maïs aussi la circonstance l'était. Je n'ai jamais cru que le respect excluait la sincérité et la franchise des opinions. Les amis les plus sincères sont les plus francs.
Or, dans le cas actuel, il ne s’agit plus de mon humble personnalité; maïs bien de la réputation de personnages très considérables et des intérêts d’une cause grande et importante. Le blâme qu'on essaie
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d'attirer sur ma conduite rejaillira directement sur les Évêques de la Province de Montréal, affaiblira l'effet de l’Union des deux Écoles de Médecine, et diminuera considérablement les résultats qu'on est en droit d’en attendre. Est-ce bien là le but que l’on poursuit? Je n’ose enrore l’affirmer; mais franchement, pour y arriver, je suis à me demander: comment pourrait-on s’y prendre autrement ?
Les décrets triomphent à Montréal, le calme est rétabli; mais, qu’on le sache bien, je ne saurais le dire trop haut, je voudrais le proclamer d’une voix assez forte pour être entendue dans toute la Cour romaine, qu'on le sache bien, il ne faudrait pas un grand nombre de plaintes dans le genre de celles que Québec vient de faire pour ramener une tempête et un naufrage.
Espérant plus que jamais dans cette sagesse romaine qui n’a jamais fait défaut aux grandes causes dans leurs épreuves, sagesse que j'ai appris à aGmirer davantage pendant mon séjour dans la Ville Eternelle, je demeure avec la plus haute considération et le plus profond respect,
De Votre Éminence,
Éminentissime Seigneur,
Le très humble et très dévoué serviteur,