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Quant à moi, supposé que, après les paroles si pressantes de la lettre Haud ignorat, notre manière de faire, pour des raisons d'administration générale qu’il appartient au supérieur majeur d'apprécier, ne pouvait pas être approuvée dans tous ses détails, je n'ai qu’un désir: c'est de trouver le moyen de séparer la connexion de mes actes d'avec ceux des Evêques, afin de prendre sur moi tout l’odieux de cette conduite et de laisser l'autorité de l’épiscopat sauve et indemne. Car, en acceptant cette charge de Vice-Recteur à Montréal, si pénible dans les circonstances, je n'ai pas honte de le dire, je me suis donné pour mission de couvrir de mon obscure personne, dans le règlement de ces longues difficultés, l’épiscopat qu'on avait trop souvent compromis, ce me semblait, en se cachant derrière lui pour faire réussir, avec plus de facilité, des plans plus ou moins douteux.
Cette prétention n’est pas d'aujourd'hui. J'écrivais à Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre, en date du 28 septembre 1889: ‘ Pour l’amour de Dieu, pour ‘* l'amour du Pape, sortons de cette impasse. Il faut ‘ battre le fer quand il est chaud. Je sais que la cir- ‘ constance est grave. S'il est besoin d’un homme de ‘ bonne volonté pour couvrir des responsabilités plus ‘ précieuses que la mienne, je m'offre: ne craignez ‘ pas de m’exposer ; quand mon utilité sera passée, ‘je retournerai volontiers dans ma bonne et paisible ‘ paroisse de $St-Lin: ce que, du reste, je me propose ‘ de faire le plus tôt possible.”
Et le 25 de novembre 1890, j'avais l'honneur
d'écrire à Son Eminence le Cardinal Taschereau : ‘ Après la session, s’il est besoin d’une victime, je ‘ m'offre volontiers enimmolation pour le plus grand ‘bien de la paix, de l’union et de la concorde. Mais ‘ pour le présent, de grâce, au nom de ce que nous “avons de plus cher, que l’Université catholique ‘ ou les amis de l’Université catholique, s’unissant à ‘“ ses pires ennemis, ne viennent pas porter un pareil ‘* coup à l’autorité des Evêques et au respect dû aux ‘ désirs du Saint-Siège.”
Maintenant que cette session parlementaire dont il est question dans la lettre plus haut citée est finie, que la cause est gagnée, que la paix est rétablie aux applaudissements du pays tout entier, que les décrets apostoliques trop longtemps tenus en échec voient leur jour de triomphe, et que l’université catholique est placée à Montréal sur une base vraiment pleine d'avenir, s’il est besoin, pour cimenter tant de bons effets, d’un sacrifice, d’une immolation, d’une victime, me voici. Je bénirai la main qui rompra les liens de de ma captivité universitaire, pour me rendre à ma liberté de curé de St-Lin.
Je ne me pressai pas. Le 21 janvier, je voyais
M. l'administrateur de Montréal. J’allais à
Sherbrooke le 22, et le 23 à St-Hyacinthe.
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Je lus aux évêques la lettre “ Conquestus est” (No I), ma déclaration à Son Éminence le Cardinal Taschereau (No VII), le mémoire que je lui passais en même temps (No VIII), et l’épître que le même jour j’envoyais à Son Éminence le Cardinal Simeoni (No IX). Avec
quelques explications verbales, Nosseigneurs
les Évêques se trouvaient à avoir sous les yeux,
sur toutes ses faces, l’état de la question.
Je ne demandais rien. J'étais prêt à céder devant l'orage, et à me retirer ; en me sacrifiant, je désirais conserver indemnes de tout blâme l’autorité et le prestige de l’épiscopat. Mais l’épiscopat ne l’entendit pas de cette oreille. Il résolut de prendre l'affaire en main, avec quelle vigueur, avec quelle précision, les documents suivants le diront plus fortement que je ne pourrais le faire.
De suite, Monseigneur Racine écrivait à M.
l'Administrateur de Montréal, lui proposant qu'il fût envoyé par les évêques de la province à Notre Saint Père le Pape une lettre collective,
pour lui faire connaître ‘que M. Proulx n'avait
(ie fait que suivre les prescriptions des évêques de de la province; que le Conseil Universitaire ne pouvait être consulté dans la circonstance ; que si Son Éminence le Cardinal Tascherenu n’avait pas été averti, c'était dû à #xe #rop grande discrétion de Mgr Paquet; et que le Vice-Recteur n'avait droit qu’à des remerciments.” Autant de propositions et de suggestions que, le lendemain, Monseigneur Moreau se déclarait heureux d'approuver de sa signature (No XIV).
En conséquer.ce, M. l’Admninistrateur fit préparer cette lettre collective au Souverain Pontife ; et le 29 janvier 1891, monsieur J. U. Ethier, mon secrétaire, allait la présenter à l’examen et à l’approbation de Nosseigneurs les évêques de Sherbrooke et de St-Hyacinthe (Nos XVII et X VIT).
Dans cette lettre, il est dit en propres termes : “ Nous croyons, en définitive, Très Saint Père, devoir rendre à M. Proulx ce témoignage, qu’il a fait preuve de beaucoup de dévouement, de prudence et d’habileté, dans la conduite de cette
affaire si difficile et si délicate ; que nous devons
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save GE ou en grande partie à ses services d’avoir pu la mener à bonne fin et obtenir la sanction civile de nos propres arrangements, et qu'il a droit pour ses motifs à toute notre reconnaissance.” (No XX).
De ce moment, je me trouvai hors de cause,
Ne pouvaient être en cause, non plus, les
évêques de la province qui n’avaient fait que
répondre, au milieu de beaucoup de tribulations, à un mandat du Saint-Siège, lequel, pour terminer enfin cette interminable question, en appelait à leur prudence, à leur sagesse, à leur sollicitude er à leur autorité. “Et quia ad hoc obtinendum valde auctoritas RR. PP. sacrorum Antistitum istius Provinciæ conferre dignoscitur, Amplitudinem tuam rogo ut una cum episvopis istius Provinciæ ea qua polletis prudentia et maturitate, operam auctoritatemque vestram conferatis, ete.” (Voir au Supplément, No I). Encore moins se trouve en cause Son Éminence le Cardinal Taschereau, ‘qui se plaint, avec raïison, de ce que, dans toute cette affaire, on à cru
devoir le laisser dans l'ignorance la plus com-
a d' plète. Qui donc est en cause? S'il en reste quelques-uns, ne serait-ce pas, par hasard, ceux qui ont usé d’une trop grande discrétion ? En tout, le #op est l'ennemi du usée. Il y a de ces projectiles qui éclatent quelquefois entre les mains de ceux qui les préparent.
Personnellement, je n'avais plus qu'à me croiser les bras, et à attendre en paix l'issue des événements, Mais cela n'aurait pas été généreux vis-à-vis de ces dignes prélats qui m’avaient, en toutes circonstances, traité avec tant de confiance et de bonté; mais je ne voulaïs pas laisser échapper une aussi belle occasion d'éclairer un point obscur de notre situation, et de mettre au grand jour la cause latente de ce malaise permanent qui, depuis si longtemps, piralyse les plus nobles efforts.
C’est pourquoi je continuai, sur le plan que je m'étais d’abord tracé, la justification de ma mauière de faire, supposé toujours que la chose fût agréable à la Cour romaine. Voyons main.
tenant les pièces justificatives, qui prouvent ce
que je viens d'avancer,
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EVÊCHÉ DE SHERBROOKE, 22 janvier 1891.
Très Révérend L. A. D. Marécnar, V. G.,
Administrateur, MONSIEUR L'ADMINISTRATEUR,
Après avoir pris connaissance de la lettre que le Cardinal J, Simeoni a adressée à M. le Vice-Recteur, au sujet des affaires universitaires et du bill de l'Union des deux Écoles, il me semble que nous avons un devoir à remplir, celui : 1° d'écrire au Pape une lettre déclarant que M. J. B. Proulx, V. R., a suivi exactement et scrupuleusement toutes les prescriptions et suggestions des Evêques de la province ecclésiastique de Montréal et que nous prenons très volontiers la responsabilité de tous ses actes pour amener l’union tant désirée ; 2° de faire connaître au Souverain Pontife que le Conseil Universitaire ne pouvait être consulté, parce qu'en le faisant le bill ne passait certainement pas; 8° que, si Son Eminence le Cardinal Taschereau n’a rien connu officiellement des procédés de M. le Vice- Recteur au sujet du dit bill, cela est dû à une trop grande discrécon de Mgr Paquet, le Recteur de l’Université, lequel avait été dûment informé par le Vice- Recteur; 4° que M. le Vice-Recteur, par sa prudence et son habileté, a conduit et mené à bonne fin cette affaire si difficile et si délice: et qu'il a droit à toute notre reconnaissance.
Veuillez agréer l’expression de mes bien dévoués sentiments en Notre-Seigneur.
f ANTOINE, Ev. de Sherbrooke.
Je concours pleinement dans cette lettre.
f L. Z., Ev. de St-Hyacinthe.
MonTRÉAL, 24 janvier 1891.
Mgr JACOBINI,
Propaganda, Roma.
Episcopi Provinciæ Marianopolitanæ Sanctissimo Domino Nostro scribunt ad meam agendi rationem exponendam et justificandam.