‹ Ma justification pour avoir fait triompher civilement les décrets romains au Canada [microforme]Chapitre 25 sur 76 · RTL PERTE PET EC POSTES · texte numérisé non relu

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C’est aussi l’opinion d’un éminent prélat, étranger aux démarches et au travail qui ont amené la réussite du bill : “Monsieur le Vice-Recteur, vous auriez dû recevoir plus tôt la présente pour vous féliciter de l’excellent travail que vous avez fait en faveur de la cause universitaire qui touche à de si grands intérêts, tant au point de vue religieux que national... Je me fais un devoir de vous féliciter du courage, de la persévérance et de l’habileté diplomatique avec lesquels vous avez conduit cette épineuse affaire et du succès complet qui a couronné ces généreux efforts. Vous avez exposé la situation dans toute sa pénible réalité ; vous en avez indiqué la gravité et signalé les écueils, et, à ce mal presque désespéré, vous avez suggéré le seul remède capable d’en opérer efficacement la guérison, le respect de tous les droits avec le maintien de la liberté des deux sièges universitaires et de l'unité de la haute direction. Vous avez, par là, rendu un immense service à l'Eglise du Canada, et à notre nationalité, dont elle est le plus ferme soutien.” (Lettre de Sa Grandeur Mgr Laflèche, évêque des Trois-Rivières à l'abbé J. B. Proulx, 6 février 1891).—Voir, au Supplément, le Document N° XVIII.

C’est aussi l'opinion de la plupart des laïques et du clergé de Montréal, opinion dont voici un écho tout à fait éloquent : ‘Votre succès dans la cause universitaire de Montréal a dépassé toutes nos espérances... tout y est (dans le bill): indépendance, liberté d’action et, avant tout, garantie de l’influeuce complète de l’autorité religieuse de notre province sur les faits

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et gestes des corps enseignants ; vous léguez par là à la province de Montréal une charte vraiment catholique où tous les droits ont été respectés. Le pays vous accorde l’honneur d’avoir terminé cette interminable affaire à la satisfaction de tous.” (Charles S. Beaubien, curé du Sault-au-Récollet, 22 décembre 1890).—Voir, au Supplément, le Document N° XIX.

Bien plus, c'était l'opinion de tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, voulaient empêcher à Montréal l'établissement de l'Université Laval: salutem ex inimicis nostris. À preuve de ce que j’avance, je pourrais envoyer à Votre Eminence toute une liasse de journaux, toute une série d’écrits qui se sont continués pendant plusieurs mois. Les trois extraits ci-inclus suffiront, je crois. (Au Supplément, Documents Ne VII, VIII, IX).

Il y est dit que le Vice Recteur a cherché l'efficement et l'absorption de l’École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, de manière à amener sa destruction, à consommer cette iniquité; qu’il a voulu lui faire perdre ses élèves, son prestige et son nom, et la mettre dans le servage de Laval ; qu’à cet effet, il a tendu des pièges à la bonne foi de ses professeurs ; que, toujours au bénéfice de Laval, il veut l’autocratie, et réclame le monopole ; enfin, qu’il est un agitateur, un démolisseur, un dompteur d'hommes, un hypnotiseur, un expert dans l’art de subtiliser à l’infini sur les mots, enfin, bien d'autres choses cjusdem farinæ.

Ainsi, comme Votre Eminence le voit, j'ai reçu des coups des deux côtés: des ennemis de l’Université,

parce que notre bill favorisait trop Laval ; et du Recteur de l’Université, parce qu’il ne la favorisait pas assez. Ces appréciations opposées, contradictoires, extrêmes, disent assez que j’ai dû suivre le juste milieu. C’est pourquoi ces petites tempêtes, ces bourrasques de dépit, et ces ouragans de paroles m'ont laissé assez calme, surtout après que mes juges naturels, les évêques de la province de Montréal, qui sont censés voir les choses de plus haut et d’un œil plus impartial, ont bien voulu me donner auprès de Notre Saint Père le Pape lui-même le témoignage que voici:

‘ Nous croyons en définitive, Très Saint Père, devoir ‘ rendre à Monsieur Proulx ce témoignage, qu'il a fait ‘“ preuve de beaucoup de dévouement, de prudence “et d’habileté dans la conduite de cette affaire si ‘* difficile et si délicate ; que nous devons en grande ‘* partie à ses services d’avoir pu la mener à bonne fin ‘et obtenir la sanction civile de nos propres arrange- ‘ ments, et qu'il a droit, pour ces motifs, à toute ‘“ notre reconnaissance.” (Lettre collective de Nosseigneurs les Evêques de la Province de Montréal à Notre Très Saint Père le Pape, en date du 29 janvier 1891).—(Voir, plus hant, le N° XX).

Dans cette même lettre du 29 janvier, les Evêques, corroborent de leur affirmation la thèse que je viens d'établir: ‘ Très Saint Père, disent-ils, nous aimeri- ‘ons à n'avoir en ce moment... qu’à nous réjouir ‘“ d’un succès qui a été le triomphe du Siège apostoli- ‘que dans nos Chambres législatives. Toutefois, en ‘ réfléchissant sur tout ce qui s’est passé, nous nous

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‘ voyons obligés d'affirmer, Très Saint Père, à Votre ‘* Béatitude que dans rien de ce qui s'est fait par ‘nous ou par M. Proulx, nous n'avons eu d'autre ‘objet en vue que de soutenir les intérêts de l’autorité ‘apostolique dans notre cher Canada, et d'assurer ‘l'union des deux Ecoles conformément à la très ‘‘ sage Constitution Jam dudum et au mandat que “ nous avons reçu de Votre Sainteté, ce dont Elle ‘mous avait recommandé l'exécution comme sou- ‘ verainement importante et désirable.” Hoc dicto, nihil mihi superest addendum.

Croyez, Eminence, aux sentiments de respect profond et de haute vénération avec lesquels je demeure,

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur, Le très humble et très obéissant serviteur,

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