‹ Ma justification pour avoir fait triompher civilement les décrets romains au Canada [microforme]Chapitre 47 sur 76 · LA QUESTION UNIVERSITAIRE · texte numérisé non relu

LA QUESTION UNIVERSITAIRE

Les professeurs dissidents de l'Ecole de Médeciu: nous communiquent la réponse suivante à la correspondance de M. l'abbé Proulx que

nous avons publiée hier.

M. l'abbé J, B. Proulx at-il voulu détruire l'Ecole de Médecine ?

Our ou Non ?

Une fois pour toutes, nous allons répondre à ceux qui prétendent que M. l'abbé Proulx n’a pas voulu détruire l'Ecole de Médecine. Nous n'avons pas la prétention de convaincre ceux qui ont un parti pris irrévocable; mais nous devons cette explication aux esprits sincères auprès desquels on cherche à soulever des doutes sur ses intentions.

En vérité, nous pourrions nous contenter d’exhiber le sujet à ceux qui le connaissent et la conclusion serait vite tirée; mais nous voulons faire une preuve irréfutable. A cette fin, nous allons citer une suite d'extraits, tirés de mémoires publiés à Rome par M. l’abbé J. B. Proulx. Ces preuves écrites il y a six,

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neuf et douze mois, auront auprès du lecteur impartial le mérite de n’avoir pas été créées pour la circonstance.

Pourrait-on en dire autant des défiances qu’il s’efforce de susciter contre nous?

Le 27 juillet 1889, M. J. B. Proulx, curé de St-Lin, a été nommé Vice-Recteur de l’Université Laval à Montréal, par le Conseil de l’Université Laval de Québec, sans référence aucune au décret Jam dudum. Il reçoit sa nomination par l’entremise de Mgr B. Paquet, recteur de l’Université Laval. Le 31 juillet, M. le Vice-Recteur accuse réception de sa nomination et termine comme suit sa lettre à M. le Recteur :

Croyez à ma bonne volonté.

Je serais trop heureux si mes faibles efforts pouvaient contribuer au bon fonctionnement à Montréal de notre Université canadienne, belle, grande, large et une.

J. B. PROULX, Vice- Recteur.

Ces paroles ne soulèveraient pas d’objections si les faits n'avaient démontré que le nouveau titulaire était décidé à être plus qu’un Vice-Recteur ordinaire. Il déclare de prime abord qu’il veut le règne de Laval, grand, large, beau et un; c’est-à-dire qu’il ne permettra pas à son aînée et rivale l'Ecole de Médecine de vivre plus longtemps. M. le Vice-Recteur veut l’autocratie, réclame le monopole. Croyez à sa bonne volonté.

Vous allez voir que son premier souci a été, non de s'occuper de la succursale, mais bien de tendre des pièges à la bonne foi des professeurs de l’Ecole de Médecine.

Dès les premiers jours d’août le nouveau Vice-Recteur a les yeux sur l'Ecole de Médecine, vers laquelle il fait les premières démarches officielles en vue de mettre cette institution dans le servage de Laval. Il reprégente à l’un que c’est la volonté du Pape, à l’autre que l’union est le triomphe de l’Ecole de Médecine, à un tirs qu’il faut que l’Ecole tombe parce qu’elle est uns ceole laïque, et combien d’autres manœuvres d’un aloi plus ou moins douteux.

Yi. un: . ‘ponse verbale pour tous les goûts et évite autant que possible de se compromettre en écriture, car son mot favori est : le silence est d’or.

L'Ecole avait accepté l’union aux conditions suivantes: que l’union soit faite («) sur le même pied que celle de l’Ecole avec Victoria, ou (b) semblable à celle du Grand Séminaire de Théologie de Montréal avec Laval, ou (c) dans le même genre que celle du collège Ste-Marie de Montréal avec Laval.

Le premier article de la convention se lisait comme suit: “L'Ecole de Médecine conserve sa charte avec ses privilèges.”

M. le Vice-Recteur, serré de près, hésita beaucoup à accepter par écrit cette base de l'entente; finalement il l’accepte, mais avec des restrictions, à la condition que la question soit débattue dans une assemblée convoquée à cette fin dans une salle du Séminaire de

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Montréal. T1 suggère que M. Colin soit gracieusement invité.

C’est à cette fameuse assemblée qu'il fut décidé de poser à des hommes de loi cette naïve question :

Qu'est-il nécessaire que l'École de Médecine fasse dans sa vie publique pour ne pas perdre sa charte par son union avec la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal ?

Ce qui veut dire: Qu'est-ce que l’École peut bien Juire pour mettre son existence en danger ?

Voilà le genre de respect qu’entretient M. le Vice- Recteur pour l'Ecole de Médecine. On sent un homme expert en l'art de subtiliser à l'infini sur des mots.

L'union se fait pour deux ans, après lesquels l’Ecole pourra opter entre rester à Laval ou.....mourir, quoi ! puisqu'elle aura perdu ses élèves, scn prestige et même son nom.

Mais elle ne pourrait plus opter, car elle ne sera plus qu’un souvenir. Vous ne le croyez pas ; eh bien, voici que M. le Vice-Recteur Proulx lui-même se charge de vous convaincre. Le 25 septembre 1890, il écrit à Mgr B. Paquet, Recteur, Université Laval :

‘Ce projet d'union amènerait, avant deux ans, l’effacement complet de l’Eccle de Médecine et de Chirurgie de Montréal. ”

M. l'abbé Proulx, Vice-Recteur de l'Université Laval, a-t-il voulu détruire l'Ecole de Médecine? Oui ou non ?

Le même jour, 25 septembre 1890, Mgr B. Paquet et M. l'abbé J. B. Proulx s’entretiennent d’un projet d'absorption de l'Ecole de Médecine par Laval ; ils font plus, ils s’en écrivent des tartines. Voici celle de M. le Vice-Recteur Proulx:

Quésec, 25 septembre 1890, Mgr B. Paquet, Recteur de l’Université Laval.

MonNSEIGNEUR,

Si je vous ai bien compris dans la conversation que nous venons d’avoir ensemble, vous m'avez dit que le projet d'absorption de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie par Laval, tel que je vous l’ai présenté aujourd’hui, constitue une affaire très grave, etc, etc, etc.

Vous voyez la désinvolture de M. le Vice-Recteur qui propose tout simplement l'absorption de l'Ecole de Médecine par Laval.

Il fut, sans doute, bien surpris de la naïveté de Mgr Paquet qui trouvait que ce projet constituait une affaire très grave. La chose lui semblait si naturelle !

M. le Vice-Recteur est à Rome, il écrit à Mgr Fabre le 7 février 1890 :

‘ J'espère être de retour assez tôt pour pouvoir être présent, lors des transactions avec l’Ecole. Si quelques médecins de la Faculté étaient inquiets, ON PEUT BIEN AFFIRMER que toutes lesmesures seront prises pour pro-

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téger et sauvegarder les intérêts de tous et d’un chacun. Il importe que la défiance ne se mette pas parmi eux. La vrai position me paraît être celle-ci: Nous verrions d’un bon œil une solution définitive ; l’Ecore AGIT A SES RISQUES ET PÉRILS ; quand elle aura réussi A AMENDER SA CHARTE, NOUS VERRONS.

M. l'abbé Proulx veut-il détruire l'Ecole de Médecine? Our ou Non ?

Le 13 février 1890, M. l’abbé J. B. Proulx écrit au très révérend L. Colin, Sup. Sém. de Montréal :

‘ Les médecins de Laval peut-être vont-ils être inquiets. Il importe de maintenir leur confiance. Personne, plus que vous, monsieur le Supérieur, ne peut donner des explications convenables en cette matière. On peut fort bien leur dire que les détails de l’entente définitive sont loin d’être arrêtés. L'Ecole agit à ses risques et dépens ; après qu’elle aura dûment amendé sa Charte, nous verrons. Ce qu’il y a de certain, c’est que les droits légitimes de tous les Professeurs de la Succursale seront sauvegardés EN DE Re AE

En attendant, je prépare mes pièces, et je sonde le terrain ........ 2

J. B. PROULX, Pre.

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