L. Z., Évique de St- Hyacinthe
DOCUMENT N° XV MonTRÉAL, 28 décembre 1890.
L’honorable Honoré MERCIER,
Premier du Gouv. de la Prov. de Québec.
MonsIEUR LE PREMIER MINISTRE,
L'union de la Faculté Médicale de l’Université Laval à Montréal et de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie était désirée depuis longtemps par tous ceux qui ont à cœur le progrès de la science et le bien de la jeunesse dans notre pays. Cette union est enfin accomplie, grâce à la loi que la Chambre et le Conseil législatif ont votée récemment à l'unanimité. La conduite des Députés et des honorables Conseillers, en cette circonstance, nous 2 singulièrement réjouis; car elle a été pour nous la preuve de leur dévouement à la grande cause de l’enseignement universitaire et de leurs sentiments religieux.
Cette loi, en effet, n’était pas seulement demandée par l’Université Laval et l'Épiscopat de la province de Montréal, elle l'était par le Souverain Pontife lui-
même. Aussi tenons-nous à exprimer à la Législature tout entière notre sincère gratitude.
Mais cette gratitude est acquise particulièrement à vous, M. le Premier Ministre, puisque vous avez voulu, vous-même, présenter le projet de loi, et à votre gouvernement qui vous a donné son plus loyal appui.
Dans une lettre qui sera pour vous un précieux souvenir, Léon XIII vous a dit la joie qu’il aurait à voir la Législature de Québec favoriser par ses lois l'union entre les deux Écoles rivales.
Instruite par le zèle que vous avez mis à régler l’importante question des biens des Jésuites, Sa Saïinteté savait que ce ne serait pas en vain qu'Elle vous exprimerait ce désir. Elle n’a pas été trompée. Vous avez accueilli, vous et votre gouvernement, avec tout le respect qu’il méritait, un désir venu de si haut; et la Législature entière s’est inclinée devant lui. Pas une voix dissidente ne s’est fait entendre, même parmi ceux qui ne partagent pas nos croyances religieuses. C'est un admirable exemple donné au monde, nos annales parlementaires se glorifieront de l’enregistrer, et nous avons voulu vous dire le bonheur que nous en éprouvons.
Agréez, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre considération distinguée.
(Signé) L. D. A. MARÉCHAL, V. G., Administrateur.
+ ANTOINE, Év. de Sherbrooke. + L. Z. Év. de St- Hyacinthe.
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