‹ Ma justification pour avoir fait triompher civilement les décrets romains au Canada [microforme]Chapitre 65 sur 76 · H. E. DESROSIERS, M. D · texte numérisé non relu

H. E. DESROSIERS, M. D

Secrétaire.

Montréal, 17 avril 1890.

REMARQUES Sur lu lettre précédente par l'abbé J. B. Proulx. RoME, 25 mai 1890.

Sa Grandeur Mgr Ep. Cus FABRE, Archevêque de Montréal.

MoNSEIGNEUR,

J'avais d’abord pensé vous envoyer, au complet, mes remarques sur la lettre que neuf Professeurs de la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Monttréal ont adressée à Votre Grandeur, en date du 17 avril 1890. Mais, réflexion faite, j’ai cru devoir en remettre l'exposé à mon retour au Canada. La parole écrite est toujours moins flexible que la parole parléc;

et je ne voudrais pas m’exposer, sans y être forcé en quelque sorte, à faire de la peine à ces Messieurs, dont je connais le dévouement aux intérêts de la profession médicale, les hautes aptitudes d’enseignement, et le bon vouloir vis-à-vis de moi dans le passé. Que, dans ce tourbillon de tiraillements divers, ballottés eux-mêmes depuis si longtemps par la tempête, ils aient pris temporairement, sur quelques points, une direction qui ne mène pas droit au but où ils aspirent, je suis plus porté à regretter leur démarche qu’à la blâmer vertement.

Cependant, pour aujourd’hui, je ne puis taire, auprès de vous, Monseigneur, ce qui suit.

}, Proulx.

25 mai 1890.

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Premièrement, une grande partie de ce document est consacré à démontrer ‘‘ la sagesse de l’immortel Pie IX en décrétant qu’il n’y aurait qu’une seule université catholique dans la Province de Québec, ” et le désir qu'ont les neuf Médecins signataires ‘ de ne pas rompre le fil d’or qui les unit à l’Université Laval de Québec ”: thèse, dans la circonstance, pour le moins inutile; car, l’unité d’Université, c’est là une proposition, c’est là une nécessité, dont Votre Grandeur n’a jamais douté: et c’est justement pour en assurer la réalisation que nous travaillons, à travers tant de difficultés, à l’union des deux Ecoles de Médecine ; car, pour l’enseignement médical, nous avons à Montréal, en pratique, dans l’élément catholique, deux foyers universitaires, l'Université Laval et l'Ecole de Médecine affiliée à l’Université de Cobourg. L'union, pour me servir des expressions de la lettre elle-même, ral. lierait toutes les forces des catholiques, emploierait toutes les ressources qui sont à leur disposition pour fonder une grande institution, et à n'y aurait plus qu'une seule Alma mater qui étendrait ses ramifications dans toute la Province de Québec. Mais, je le répète, ces grands bienfaits seront produits, non par le triomphe d’une institution sur l’autre quelque complet qu’il puisse être, mais par l'union et des institutions, et des esprits, et des volontés. Avec de la persévérance, avec de la modération, avec du calme nous y arriverons.

Puis les signataires récitent toutes les objections qu’ils ont contre le bill, présenté à la Législature de la Province de Québec par l'Ecole de Médecine. C’est

leur droit ; seulement il me semble qu’ils se sont trop pressés d’en user. Leurs adversaires ne manqueront pas d'utiliser contre eux cet empressement, et ce r'anque de tactique. Le bill pouvait être très incomplet, très imparfait, je n’ai pas à entrer sur ce terrain. Mais il y a un point qui me paraît n’être pas très bien saisi par ces Messieurs, c’est que, par l’acte de la Législature, ipso facto, l'Ecole de Médecine ne devenait pas la Faculté médicale de l’Université Laval. Après que la Charte aurait été amendée, bien ou mal, il restait un arrangement à être fait par les Evêques de la Province de Montréal qui n'auraient pas sacrifié les décrets apostoliques, à être ratifié par le Conseil Universitaire qui aurait veillé sur les droits de l’Université, pour la confection et la conclusion duquel arrangement les membres de la Faculté de Médecine de l’Université à Montréal auraient été consultés, comme on s’est toujours fait un devoir et un scrupule de ne r 18 y manquer, du moins depuis un an, chaque fois qu’il s’est agi d’affaires regardant leur faculté; car il était bien entendu que, dans cet arrangement, seraient respectés les intérêts des anciens professeurs de la Succursale de l'Université à Montréal.

Je regrette le ton acerbe de certaines expressions que renferme cette lettre, le vinaigre n’a jamais adouci les plaies, sans compter que cela prête flanc à la critique, inutilement. J’ignore quelles sont ces personnes qui ont employé, auprès des membres de la Faculté de Médecine, des moyens de persuasion pénibles à leur dignité personnelle.

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Ces Messieurs se réjouissent, à bon droit, de ce que la Faculté se trouve dans une position beaucoup plus avantageuse, de ce que les Professeurs recoivent des émoluments qui peuvent être considérées comme satisfaisants pour le présent, et de ce que le nombre de leurs élèves augmente rapidement. Très bien ! mais il est important de ne pas se départir de la politique de conciliation et de modération, qui a tant contribué à amener cet heureux résultat.

Ces Messieurs sont dans la conviction que, ‘ avec les fautes de son passé et celles de son présent, l’Ecole de Médecine... doit péricliter sans cesse, et finir misérablement, et cela dans un avenir assez prochain.” Le proverbe dit qu'il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l’avoir tué. Dans tous les cas, serait-il possible d'amener l'effondrement violent de l'Ecole, le méritait-elle, que je suis d'avis qu’il vaudrait mieux lui tendre la main jusqu’au bout, et ne jamais cesser, tout en assurant la prospérité et la supériorité d’enseignement de la Faculté médicale, de travailler à amener une union large, généreuse, à l’amiable. Il ne s’agit pas ici de triompher sur des ruines, maïs bien d’extirper du champ universitaire des germes dangereux pour l'avenir, et de réunir autour d’une grande œuvre le concours de toutes les énergies catholiques. Quand il y a eu des torts des deux côtés, devrait-il être si difficile d’user réciproquement d’indulgence et de bienveillance !

Du reste, quand le moment sera arrivé de cimenter la paix d’une manière définitive, ces Messieurs ne

resteront pas inférieurs à leur tâche : je connais trop leur esprit de foi et leur patriotisme. Ils sauront, comme ils l’ont déjà prouvé en plus d’une circonstance, s'élever au-dessus de ce qu'ils stigmatisent avec tant de force, ‘‘ l’esprit de parti, l’esprit de clocher, les préjugés de toutes sortes et d'anciennes rancunes... ”

Plein de confiance dans l'avenir que la Providence nous réserve, de respect pour les droits de la Faculté de Médecine de l’Université, de bienveillance pour les aspirations de l'Ecole de Médecine, et d’affection filiale pour votre personne vénérée, je me souscris avec la plus haute considération,

De Votre Grandeur, Monseigneur, Le très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Prre.

Villa della Presentazione, 13 via Milazzo.

Roue, 24 juin 1890.

Le Révd À. ARCHAMBAULT, Vice-Chancelier, Montréai.

Mox cHER MONSIEUR,

Je réponds à votre lettre du 3 courant, aujourd’hui 24 juin, en cette fête de notre saint Patron qui m'apporte quelque loisir, un peu tard il cst vrai, mais

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