‹ Ma justification pour avoir fait triompher civilement les décrets romains au Canada [microforme]Chapitre 67 sur 76 · DOCUMENT N° XXII · texte numérisé non relu

DOCUMENT N° XXII

EXTRATTS

Du pamphlet intitulé “Le dernier chant des serins de Laval.”

‘ On sait ou on ne sait pas, qu’en avril dernier, huit des professeurs de la succursale de Laval ont adressé à Mgr Fabre un mémoire concernant la sempiternelle question universitaire. Ce mémoire, libelle où l’impertinence le dispute à la mauvaise foi, où le mensonge s'allie au manque de logique, où la grammaire elle-même est imypitoyablement maltraitée, circule dans un certain public depuis quelques se-

maines. J’ai attenüu iusqu'à ce jour, dans l'espoir qu’une plume plus autorisée que la mienne ferait justice de ce fratras. J’interrogeai l'horizon: qui se lèvera pour dissiper les complots de l'envie? Quis consurget adversus malignantes ? Personne ne relevant l’injure, je réprimai le dégoût qui me montait au cœur,

, une seule sera la plus yez-moi touime,

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‘ On dira: l'existence de l’Ecole entravait le succès de l’Université Laval. Mais oui, cela se conçoit pour qui sait que l’Ecole, par la valeur pratique de son enseignement et la solidité de son orthodoxie, avait accaparé les dix-neuf vingtièmes des étudiants de cette Province. On ne pouvait donc pas facilement compter sans elle. Est-ce la faute de l'Ecole, si le Recteur de la seule université catholique de la province, agissant sous votre impulsion, a déclaré qu’il préférait ignorer l'Ecole et traiter avec vous ? M. le Recteur Hamel n’était-il pas tenu de respecter le décret de 1876? Ne devait-il pas, en conscience et en honneur, utiliser les éléments existants à Montréal d’une grande et forte université. Aujourd’hui, après quinze ans de luttes stériles, vous devez, au moins comprendre que l'Ecole de Médecine était, et est encore, un élément indispensable au succès de la seule université que voulait Pie IX en 1876. Les larmes de crocodile dont votre factum est saturé le prouvent surabondamment.....

“ Vous prétendez : l'Ecole de Médecine étant une corporation indépendante ne pouvait faire partie de l'Université Laval. Je réponds: cette prétention est fausse en soi et fausse en fait. En soi, parce qu’il n’y a rien qui répugne à ce que plusieurs corps indépendants confèrent des titres sous un vocable commun. En fait, puisque la méticuleuse Laval a affilié la Fuculté de Théologie de Suint-Sulpice de Montréal, tout en lui laissant son indépendance... .

‘C'est ici et non à Québec que se trouve le champ d’émulation des hautes études. Quand on a à lutter contre un puissant rival comme McGill, il ne faut pas avoir les mains liées derrière le dos, ne fût-ce qu'avec un fil d’or. On est toujours à désavantage. La preuve, vous la voyez en regardant la Succursale, quise débat vrainement dans les serres du Québec. Née d’un monopole aussi étroit qu’ambitieux, elle dépense le meilleur de son énergie à porter ses fers et à entretenir des intrigues qu’elle n’oserait avouer, des misères,

AUOT 0

‘’I<i se place une admonestation au clergé qui, on le sait, n’a pas encore jugé à propos de se pâmer d’aise et de bonheur devant les promesses de la succursale de Laval. Je ne m'en plains pas, ce bon clergé a besoïn de ça, de temps en temps, surtout venant de pareille source. Lisez plutôt: ‘ Mais il faut bien l’a-

‘ vouer, l’union qui devrait exister entre tous les ca- ‘ tholiques de la province laisse beaucoup à désirer, ‘‘ (grâce aux divisions que vous avez nourries de con- ‘“ cert avec M. le Recteur Hamel) ; l'esprit de parti, (de ‘ la succursale?) l'esprit de clocher, (de Laval ?) les ‘‘ préjugés de toutes sortes, (que vous avez semés ?) ‘et d'anciennes rancunes divisent toutes les classes ‘ de la société, (c’est un rare manque d'harmonie) et ‘ cela, dans le clergé comme chez les laïques.” Voilà un clou bien trempé et bien enfoncé, c’est de main de maître ou je ne m’y connais pas. Et nunc intelligite, reges. Ei maintenant, Monseigneur, apprenez, et vous, vénérable clergé, écoutez. Ce sont les serins de Laval qui parlent...

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“ À cause de la facilité avec laquelle l’Ecole con- “ fère le titre de docteur à ses élèves, sans égard à la ‘ capacité et à la moralité des candidats.”

‘ Voilà deux bonnes raisons raisonnables et jy tiens. Messieurs les signataires du factum, permettez une petite question: s'agit-il ici de votre expérience personnelle? car, vous ne pouvez parler, comme tout savant doit le faire, que sur expérimentation. Répondez: étiez-vous les candidats incapables et immoraux dont vous parlez? Si oui, je vous tire ma révérence, et vous déclare passés maîtres ès-calomnie. S'agit-il d’autres candidats? Dites-moi, n’étiez-vous pas professeurs à l'Ecole de Médecine? Et si l’Ecole a admis à la pratique des candidats incapables et immoraux, n’avez-vous pas trempé dans cette infamie ? Si vous occupiez des chaires à l'Ecole, que ne mettiez-vous votre enseignement à la hauteur des progrès scientifiques ? Que ne dénonciez-vous les candidats immoraux? Pourquoi ne vous opposiez-vous pas à leur ; admission à la pratique? Pourquoi ne les faisiezvous pas chasser de l'Ecole? Ou vous étiez des lâches, ou vous êtes des calomniateurs; on ne sort pas de là, choisissez...

‘Son Excellence Mgr Conroy avait fondé la Succur - ‘“ sale en laissant à i’Ecole son autonomie et on sait “ ce qui est arrivé.” Tiens, moi qui croyais que la fondation de la Succursale était le résultat de vos petites machinations stimulées par les mains de Laval. Mgr Conroy a laissé à l'Ecole son antonomie et l’on sait ce qui est arrivé ; mais oui, nous le savons, ce qui

est arrivé, c’est que l’Ecole a continué à grandir. Elle a prospéré plus que jamais, et cela malgré, et peutêtre à cause de vos tentatives d’écrasement. Plus vous souleviez de tempêtes et plus l'Ecole montaïit, grâce à la protection évidente des noms illustres qui veillent sur elle...

‘“ L'Eglise ne détruit pas les œuvres catholiques. Au contraire, elle les encourage, les bénit et les dirige vers la fin pour laquelle elles existent. De plus, l'Ecole est une propriété indivise: seul le consentement unanime de ses propriétaires peut briser son autonomie. Si semblable malheur frappait cette institution ; si, par un acte d’inqualifiable lâcheté, les titu- 1.1.5: de l'Ecole abandonnaient leur charte autonome, ses neuf cents élèves qui pratiquent la médecine dans l'Amérique du Nord, se lèveraient comme un seul homme et laveraient l’injure faite à leur Alma mater.

‘* L'Ecole manque de bases solides, c’est évident pour tous ceux qui savent qu’elle n’a pas bronché depuis bientôt cinquante ans qu'elle existe. Ce n’est pourtant rien comparé aux fondations de la Succursale qui reposent sur la mendicité publique... ... …

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N. B.—Aiïnsi de suite cinquante pages durant, aux applaudissements de milliers de lecteurs.

Je n'ai pas voulu citer les passages les plus violents,

afin de ménager la sensibilité de ceux qui y étaient attaqués.

Cependant, il est bon que Votre Eminence n’ignore

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pas cette littérature qui créait alors dans le public de puissants courants d'opinion. Ayant pu me procurer à la dernière heure un exemplaire de ce pamphlet

devenu rare, je l'adresse en même temps que ce mémoire à Votre Eminence.—J. B. P.

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