UN BEAU SUCCÈS
Samedi était un jour de joie et d’allégresse pour messieurs les étudiants et les amis de Victoria. Déjà notre journal s’est fait l'écho de l’éclatante célébration de la Saint-Luc au Gésu. I! nous reste à parler du banquet qui eut lieu le soir au Richelieu.
Disons, dès l’abord, que ce splendide dîner a été couronné d’un brillant succès. Et vraiment, si ce sont là les funérailles que les ennemis de l’Ecole lui prédi-
saient pour l’occasion, c’est à leur en souhaiter de semblables. Car, cette fête si joyeuse n’a pu revêtir un air de deuil que dans l’imagination de ceux qui envient ses triomphes et rêvent sa mort.
Une soirée, en effet, où rayonnent plus de deux cents visages d'amis attablés au milieu des fleurs, devant des mets succulents et des coupes où coulent des vins généreux, ne porte guère à songer au croquemort.
Parmi les personnes présentes, nous avons retenu les noms de MM. les Drs Hingston, Durocher, Brunelle, Poitevin, Henri Desjardins, Migneault, Demers, Leblanc, Guérin, Asselin, Chartrand, Gauthier, J. A. Desjardins, Bernier, Royal, Dugas, Beausoleil, Lanctôt, Merrill, Manseau, Barcelo, Léonard, Picotte, Moreau, Faribeault, Laforest, McAfrey de Nicolet, Cypiot, Huet, Lussier, Bussière et Dorval, et MM. Larose, Giroux, Robidoux et autres.
Au milieu des cent drapeaux qui ornaient la salle, des flots de lumière qui l’inondaient, on voyait souriante l’image de l’illustre et saint fondateur de l'Ecole, Mgr Bourget, placée au centre de la superbe bannière de l’Ecole. A côté, se trouvait le drapeau des étudiants.
M. H. 0. Normandin, premier officier des étudiants, présidait à la table d'honneur, ayant à sa droite le Dr Hingston et à sa gauche le Dr Durocher.
On but à la santé de la Reine, du Gouverneur Général, du Lieutenant-Gouverneur, de la Législature locale (proposée par M. Ranger); puis M. Pelletier
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Gouverneur Législature M. Pelletier
chanta un morceau de poésie composée pour la circonstance, à l’honneur de Victoria. Cette chanson souleva les plus vives acclamations.
M. le secrétaire Asselin lut quelques-unes des nombreuses lettres reçues de médecins pleins d’admiration et d’attachement pour leur Alma mater, à qui ils souhaïtent de rester ferme dans le combat. Parmi ces médecins se trouvent les Drs Migneault, de Lawrence, Mass, Cartier, Rioux de Sherbrooke, Mousseau, de St-Polycarpe, et Jules Leclair, de St-Lin.
M. Prieur proposa, en termes chaleureux et énergiques, la santé de l’Alma mater.
M. Denis le suivit, et entonna, d’une voix douce et vibrante, un chant très applaudi.
Le Dr Hingston se lève pour répondre à la santé de l’Alma mater, et sait débuter d'une manière spirituelle...
L’orateur priant le Dr Durocher de répondre à la même santé, ce dernier se leva au milieu d’un tonnerre d’applaudissements et de bruyantes acclamations.
Le vieux et distingué défenseur de l'Ecole rappela en termes émus les noms glorieux des fondateurs de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, et remercia les élèves de leur inaltérable attachement à leur Alma mater. ‘ Nous voulons, comme toujours, être très modérés, dit-il, nous n’ambitionnons pas sur Québec ; mais nous appelons de nos vœux, comme
jadis, le jour où il nous sera donné d’avoir une université indépendante. Seulement, d’ici-là, restons où nous en sommes. En effet, pourquoiirions-nous démolir notre maison avant d’en avoir une autre ?”(Bravos),
Le Dr Brunelle, cédant aux appels, dit que ‘‘ Tous, les élèves, comme les anciens, doivent défendre l'Ecole et s’unir aux professeurs, les gardiens de la destinée et de l'intégrité de l’Ecole, contre les complots ennemis.” (Appluudissements.)...….
Le Dr Lanctôt ne put se refuser au désir général, et il parla à peu près en ces termes: ‘‘Je suis surpris de voir l'Ecole subsister encore. Sans vouloir jeter de l’eau froide sur ses agapes, il est impossible de se dissimuler que l’avenir de l'Ecole est entouré de quelque mystère. Il n’y a pas longtemps encore, ses ennemis l'ont attaquée plus malicieusement que jamais dans certains écrits qui font injure à notre A/ma mater...
‘“ Dans pareilles circonstances, Messieurs, n’avonsnous pas droit de nous lever pour protester avec indi-
gnation? (Oui ! oui !)
‘ Que nos anciens professeurs se le rappellent toujours, nous les anciens, nous sommes leurs dignes enfants, et nous ne permettons jamais qu'on lance la boue à la figure de notre Alma mater.
‘ Nous voulons bien le croire, tous les professeurs de l’Ecole sont inspirés par de bons motifs, maïs encore leur ferons-nous une prière: que leur conduite soit conforme aux vœux des neuf cents médecins sortis de l’Ecole.”
Le Dr Poitevin approuva tout ce qu'avait dit le Dr Lanctôt, et il dit qu'après les temps des ténèbres et d'orage, on voit se dissiper les nuages et apparaître le beau soleil (Beausoleil). (Applaudissements),
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Il appuie sur le fait que l'Ecole, laissée par les fondateurs à leurs successeurs, est un legs inaliénable, dont ne peuvent disposer les professeurs actuels, C’est pourquoi, ajoute-t-il, personne d’entre nous ne faillira de sauvegarder la première école canadienne de Médecine implantée au pays.
Le Dr Henri Desjardins prend la parole et dit: ‘M. Gadbois a fait allusion à l’attitude ferme que j'ai prise dès le début ; s’il y a un souvenir qui me sera cher dans la vie, ce sera bien celui de cette attitude. Ah ! j'ai dû faire taire souvent des sentiments bien chers pour résister; mais je m’en suis tenu malgré tout à cette devise: ‘ Fais ce que dois, advienne que pourra.”
‘“Si cette jeunesse nombreuse et intelligente est si fière de notre Alma mater, comment nous, les professeurs agrégés, n’en serions-nous pas orgueilleux ?
“ Les calomniateurs de l'Ecole se sont trompés, car elle est plus grande et plus forte que jamais. Oui, elle vit, notre Ecole, dans le cœur de la majorité du clergé et des habitants du pays.
‘Elle vit, dans et par son illustre fondateur, le vénérable archevêque Bourget, dont l’ombre bénie plane au-dessus d’elle pour la protéger : c’est là le secret de sa force. Une belle-mère s’en vint un jour et dit à notre Alma mater : ‘ Ote-toi que je me mette,” et notre Alma mater lui a fièrement répondu: “J'y suis, j'y reste.”
‘Et elle vivra notre Ecole tant qu’elle aura pour protecteurs des patriotes comme les Durocher, les
Brunelle, les Poitevin, les Beausoleil, et Dieu merci, des Desjardins ! (Applaudissements frénétiques et prolongés). Qu'elle vive notre Ecole, et qu’elle devienne le berceau d’une université indépendante et catholique.” Ce discours, jaillissant du cœur, fut v ut éloquent et un des plus applaudis.
Le Dr Beausoleil se leva et après avoir fait l’historique de la presse scientifique, il s’empara de la question de l’union universitaire. Il en exposa les grandes lignes avec la verve mordante qu’on lui connaît. Il stigmatisa les tentatives d'union entre des éléments devenus imcompatibles.
‘Ces actes de faiblesse, dit-il, pour me servir d’une impression radoucie, impriment à la mémoire de ceux qui les commettent un stigmate dont l’Ecole rougit à bon droit.
‘* Soyez de l'Ecole de Médecine,non à la faço *Oseaux qui plient sous l’impulsion de la moindre brise, mais à la manière du chêne qui résiste à la tempête. N'est-il pas plus noble de tomber comme des hommes de cœur, tout d’une pièce, que de se livrer, par lambeaux, au mains de ses adversaires.
‘ Etre de l’Ecole de Médecine, c’est respecter son passé tout de mérite, et sauvegarder son avenir en marchant dans la voie du progrès scientifique bien entendu.
‘ Etre de l’Ecole de Médecine, c'est suivre la direction que lui a donnée un illustre Prélat dont le nom est dans toutes les bouches et l'éloge dans tous les CŒUIS,
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‘Tant qu’elle restera dans cette voie, elle n’a à craindre ni les entremetteurs à gages ni les diffamateurs sans vergogne, que vous connaissez tous.
‘ Les pères de l’union sont tellement convaincus qu’ils mènent l'Ecole à l’asservissement qu’ils n’osent envisager les amis de cetteinstitution. Aujourd'hui que uous possédons toute la correspondance des entremetteurs, nous pouvons faire la preuve de ce que j’avance.
‘On déclare dans cette correspondance que bien naïfs étaient ceux qui croyaient que l’union allait donner à Montréal une université indépendante! qu’on a eu bien tort de donner à l'Ecole deux ans pour se regarder agoniser et mourir, qu’un délai de deux mois, de huit jours était suffisant pour la mettre en demeure de se soumettre au contrôle du conseil universitaire de Québec. (Cris de honte ! honte !)
‘ Comment se fait-il que ceux qui prétendent être les amis de l'Ecole continuent à se promener dans les pièges des unionistes, sans souci des dangers qu'ils font courir à notre chère Alma mater.
‘Qu'ils prennent garde,le fouet de l’historien flagellera ces diplomates à courte vue. Il n’est pas néces. saire de mesurer l’abîme qui sépare les amis de l'Ecole. Les uns veulent conserver l'intégrité de sa charte, les autres tendent à la détruire.
‘“ Les uns veulent lui conserver ses défenseurs, les autres les diminuent.
‘ Rédacteur de la Gazette médicale, j'ai défendu l'Ecole contre ses détracteurs du dehors.
‘ Quand les ennemis de l’intérieur ont ourdi leurs
combinaisons ténébreuses, ils voulurent paralyser son dévouement. Ils voulurent briser cette plume fidèle ; mal leur en prit, ils n’ont réussi qu’à lui donner un champ plus vaste. Elle se répandit dans tous les journaux politiques.
“Dela Vérité à la Justice, l’ex-rédacteur de la Gazette médicale eut ses franches coudées dans tous les grands journaux du pays. Au lieu des huit cents abonnés de la Gazette médicale, il se fit entendre à plus de cent mille lecteurs. Et pour les luttes qui se préparent, je compte que la presse sera avec nous. De sa toutepuissante voix, elle dissipera les prétentions des ennemis de notre Alma mater.
‘ Mes jeunes amis,ne craignez rien pour l'avenir. Vos amis se cou ptent par plus de 900 médecins dévoués, prêts à la défense de votre Ecole. Croyez-moi, ils ne reculeront pas à l'heure du devoir. Tout ce que je vous demande comme bouquet de cette séance, c’est que par votre bonne conduite et votre application au travail vous continuiez de faire honneur à votre Alma mater. Ce n’est plus l’heure de la barricade, c’est celle du devoir.” (Applaudissements prolongés).
Le Dr Noir dut dire encore quelques mots pour répondre aux encore, encore incessants. Il parla cette fois d’un certain document adressé à Mgr Fabre, dans Icquel les unionistes de Laval conspuent et calomnient leur Alma mater, l'Ecole de Médecine.
“ Ils avaient opéré dans les ténèbres, maïs, comme la caque sent toujours le hareng, on eut vite reconnu la provenance de cette œuvre malsaine,
paralyser son lume fidèle ; i donner un tous les jour-
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“ Ils ont osé dire que ceux qui enseignaient à l'Ecole de Médecine étaient des ignorants et des professeurs d'immoralité; qu’eux (les signataires du factum) avaient été obligés de passer leurs veilles et leurs nuits à étudier, afin de combler les lacunes de leur éducation professionnelle.
“Vous qui êtes charitables, vous alicz croire que ces rudes travailleurs de la nuit dormaient tout le jour. Cette déclaration explique la nature ténébreuse des œuvres de ces réformateurs.
“Ils accusent l'Ecole de n’avoir pas fait d’eux des colosses de science, ces hommes qui ont su se passer de grammaire, de style, et de logique dans les pages de leur plate brochure. 1
‘ L’accusation est bien fondée, comme question de fait, parce que ces messieurs n’ont pas fourni à l'Ecole les éléments propres à faire de grandes choses.
‘Ces ouvriers ont écrit en toutes lettres que les professeurs de l'Ecole ont enseigné l’immoratité la plus éhontée: ainsi vous M. le Dr Hingston vous avez été un professeur d’immoralité. (Honte! honte ! )
“ Vous M. le Dr Durocher, vous avez été un professeur d’immoralité. (Honte ! honte !)
“Vous MM. les Drs Desjardins, Brunelle, Poitevin, vous avez été des professeurs d’immoralité. (Honte ! honte !)
Le Dr Coderre était un professeur d’immoralité!
‘Le Dr E. H. Trudel, le médecin de Mgr Bourget, était un professeur d’immoralité ! (Honte ! honte !)
“Vous tous, jeunes gens dévoués à l’enseizxnement
médical, vous êtes les continuateurs des professeurs
d'immoralité.
‘ Et c’est avec cette classe de calomniateurs qu’on propose de marier l'Ecole de Médecine, votre Alma
mater ! Assez! Assez! !”
M. Prieur entonna une dernière chanson et chacun se retira content, au milieu des vivats les plus enthousiasmes pour l’Alma mater, au bien d ‘quelle tout le monde semble bien disposé à travail: r.
DOCUMENT N° XXIV Quégec, 25 novembre 1890.
Son Éminence le Cardinal TASCHEREAU, Archevêque de Québec.
EMINENTISSIME SEIGNEUR
Je n’ignore pas la proposition que Mgr le Recteur a faite le 17 de ce mois devant le Conseil Universitaire, dans laquelle il exprime sa surprise et sa peine. Elle n’est déjà que trop connue. De là, sans doute, les rumeurs qui circulent, allant à dire que le Conseil Universitaire doit porter opposition à notre bill devant le Comité des bills privés, sinon lui directement, du moins ses amis.
Si c’est le cas, permettez-moi de m'adresser à Votre Éminence, comme à la seule autorité capable d’exercer une pression salutaire, pour La supplier d’épargner au pays ce scandale:
professeurs
eurs qu’on otre Alma
et chacun lus enthouelle tout le
bre 1890.
Québec.
e Recteur a iversitaire, peine. Elle doute, les
le Conseil bill devant tement, du
ser à Votre ble d’exerier d’épar-
Scandale, parce que les Evêques de la Province de Montréal ont annoncé, dans une lettre pastorale, qu'ils sont chargés par Rume de régler cette question, et qu’elle est réglée à leur satisfaction :
Scandale, parce que le Saint-Siège a fait savoir par télégraphe qu’il désirait voir cette affaire se terminer par la loi que l’on demande, ed lege rogatd.
Après la session, s’il est besoin d’une victime, je m'offre volontiers en immolation pour le vius grand bien de la paix, de l’union et de la concorde.
Mais, pour le présent, de grâce, an nom de ce que nous avons de plus cher, que l’Université Catholique ou les amis de l’Université Catholique, s’unissant dans une même lutte avec ses pires ennemis, ne viennent pas porter un pareil coup à l’autorité des Evôques et au respect dû aux désirs du Saint-Siège. Où allonsnous? Qui ne jettcrait le cri d’alarme?
Croyez, Éminence, que vous n'avez pas dans le pays d’admirateur plus sincère que moi, et que je suis tou-
jours avec la vénération la plus profonde,
De Votre Éminence, Eminentissime Seigneur,
Le tres humble et très obéissant serviteur,
J. B. PROULX, Pre, V.R. U. L, M.
DOCUMENT N° XXV Quégec, 27 novembre 1890.
Son Eminence le Card. TASCHEREAU,
Archevêque de Québec.
EMIiN’ :TISSIME SEIGNEUR,
Les rumeurs d'opposition à notre bill devant le Comité des Bills Privés, de la part du Conseil Universitaire ou de ses amis, sont assez persistantes pour justifier, je crois, cette nouvelle instance de ma part auprès de Votre Eminence.
Au mois de février de cette année, lorsque le Dr Desjardins et moi demandâmes à Rome, s’il serait permis à l’Ecole de Médecine de faire amender sa Charte dans un certain sens, avec espérance de pouvoir, sur cette base, faire une union avec la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal, il nous fut répondu par une lettre à Mgr l’Archevêque de Montréal: ‘ poterit ipsa, collatis conciliis cum Domi- ‘ natione Tuâ et cum episcopis suffraganeis istius ‘ provinciæ Mariapolitanæ, id facere quod melius ju- ‘* dicaverit.” Il n’est pas question du Conseil Universitaire.
Lorsque, au mois de juin de cette année, j’exposai au Saint-Siège que l’accord à Montréal se ferait ni par le Séminaire de Québec, ni par le Conseil Universitaire, mais bien par les Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal, il me fut répondu par une
re 1890.
bec.
devant le il Univerntes pour e ma part
que le Dr s’il serait mender sa :e de poula Faculté éal, il nous evêque de um Domineis istius melius juil Univer-
, j'exposai rait ni par
Universiince ecclé- 1 par une
lettre à Mgr lArchevêque de Montréal: ‘Et quia hd hoc obtinendum valde auctoritas RR. PP. sacrorum Antistitum istius provinciæ conferre dignoscitur eâ quæ polletis prudentiâ ac maturitate operam auctoritatemque vestram conferatis ad quæstiones simultatesque e medio tollendas animasque sedendas, uthinc inde, intuitu majoris boni, et salvis juribus ut supra, in unione peragendA conveniatur et libenter onera ferantur quæ ab hâc perutili unione requiruntur.” Il n’est pas question du Conseil Universitaire, mais bien de l'autorité des Evêques de la Province de Montréal. “ Mais, dira-t-on, il fallait sauvegarder les droits de l’Université, ‘“ salvis juribus universitatis ! ” Sans doute, et c’est ce que prétendent bien avoir fait les Evêques de la Province de Montréal: et le St-Siège qui a connaissance de notre arrangement, écrit au Premier Ministre de la Province: ‘“Confidimus.. negotium hujusmodi eû lege rogatä te esse ad optimum plane exitum perducturum.” Par la loi qu’on demande, est-ce assez clair? Que Votre Eminence veuille bien remarquer ce petit détail : la proposition de Mgr Paquet au Conseil Universitaire est du 17 novesnbre, et la lettre du Saint-Siège est du 20. L'accord est fait à Montréal entre les deux institutions rivales, l’unité universitaire est consacrée, les décrets romains sont exécutés, l'Eglise voit rentrer officiellement toute la jeunesse catholique de ce populeux district sous la juridiction légale de son enseignement, et la Législature, il n’y a pas de doute, va sanctionner cet acte d’accord à l’unanimité, ou du
moins à une très grande majorité, si toutefois il ne survient pas, d’un corps aussi puissant que le Conseil Universitaire, des oppositions directes ou indirectes.
Pour un sentiment froissé, va-t-on jeter à vau-l’eau tant d'avantages réalisés au prix de si grands efforts, rendre impossible à Montréal l'établissement de l’Université Catholique, au moins sur un pied florissant, et frustrer à tout jamais l'Eglise des fruits qu’elle a droit d’en attendre, sans compter l’atteinte profonde portée à l'autorité des Evêques et au prestige dû à la parole du Saint-Père.
C’est avec la plus sincère franchise, comme avec la plus grande simplicité, que je soumets ces quelques réflexions à Votre Eminence, et je compte sur son esprit de modération bien connu, ainsi que sur la divine Providence pour prévenir des démarches dont les conséquences désa:treuses sont incalculables.
Je demeure avec le respect le plus profond,
De Votre Eminence,
Eminentissime Seigneur,
Le très dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Prre.
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