‹ Ma mission en ChineChapitre 103 sur 180 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

sympathie dont le parti tory était animé envers elle depuis le Congrès de Berlin. La politique allemande, d'autre part, quels que fussent tes sentiments personnels de l'empereur Guillaume II et de son nouveau chancelier, et malgré le soin qu'elle prenait de ne pas heurter de front la politique russe, n'écartait pas les occasions qui s'offraient à elle, sinon de faire cause commune avec la politique anglaise, du moins de profiter de son concours, si la France et la Russie devaient, de ce concours, souffrir quelque dommage et quelque atteinte.

Le gouvernement anglais, quoiqu'il eût en fait fini par reconnaître les conventions franco-chinoises du 20 juin 1895 dont il avait pris d'abord tant d'ombrage, et quoique la déclaration signée à Londres le 16 janvier 1896 entre lord Salisbury et le baron de Courcel eût accepté à cet égard les faits accomplis et les avantages résultant pour la France desdites conventions, n'en (avait pas moins résolu de poursuivre auprès du gouvernement chinois des négociations de représailles et de revendication contre ce qu'il persistait à considérer comme une dérogation à la convention sino-birmane du 1" mars 1894. Le gouvernement chinois, dont le droit n'était certes pas contestable, et qui l'avait lui-même fortement établi en réponse aux protestations et réclamations anglaises, avait cependant, de guerre lasse, consenti à entrer avec le gouvernement anglais en des négociations de compensation. Ces négociations, ouvertes d'abord à Londres entre le Foreign Office et la Légation de Chine, furent transférées à Pékin vers la fin de l'année 1896, à la date où Li Hong-tchang venait de rentrer en Chine. C'est Li Hong-tchang lui-même qui, dans une visite amicale et privée qu'il me fit à la Légation à l'occasion du 1" janvier 1897, me révéla les

négociations en cours, dont il ne fit aucune difficulté à m'indiquer Fobjet. Il avait été entendu, probablement sur le conseil même de Li Hong-tchang, que la meilleure procédure consisterait, au lieu de faire une convention nouvelle, à reviser la convention dite sino-birmane, du 4" mars 4894, et à y apporter les rectifications ou additions reconnues possibles ou nécessaires. Li Hong-tchang, qui avait été le premier à donner ce conseil, et qui, d'ailleurs, était, depuis son retour, devenu l'âme active du Tsong-li ya-men, le véritable ministre des Affaires étrangères de l'Empire, avait été chargé de cette négociation, comme de toutes celles que le gouvernement chinois avait alors à poursuivre.

/La revision de la convention sino-birmane, telle que Li Hong-tchang m'en fit connaître alors les principales dispositions, portait d'abord sur des rectifications de frontière qui, du reste, n'affectaient pas la région de notre propre frontière avec la Chine; elle consistait, en outre, à accorder à la Grande-Bretagne, comme la France l'avait obtenue par les conventions du 20 juin 4895, la faculté de construire des chemins de fer raccordant les lignes chinoises aux lignes birmanes et d'ouvrir de nouveaux consulats (à Ghouen-ning ou Momeïn). Un protocole additionnel confirmait conventionnellement au gouvernement britannique la décision déjà prise depuis un an par le gouvernement chinois d'ouvrir au commerce international les ports de Wou-tcheou-fou dans le Kouang-si, de Samsui et de Kong-koun, dans le Kouang-tong, et de permettre la navigation fluviale sur la rivière dite de l'Ouest (Si-Kiang) entre Wout-cheou-fou, Sam-sui et Canton.

L'ensemble de ces stipulations, surtout depuis la déclaration franco-anglaise du 45 janvier 4896 et depuis la

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