‹ Ma mission en ChineChapitre 104 sur 180 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

signature du contrat autorisant la construction de la ligne ferrée entre Dong-dang et Long-tcheou, avec prolonga^ tion ultérieure jusqu'à Naja-ning-fou, n'atteignait et ne contrariait, à vrai dire, aucun de nos intérêts essentiels. Mais le fait de les réclamer et d'en poursuivre l'octroi comme une compensation aux conventions franco-chinoises du 20 juin 1895, que la déclaration anglo-française du 15 janvier 1896 reconnaissait cependant comme un fait accompli, ne nous permettait pas, au jour où la convention sino-birmane du 1*' mars 1894 serait ainsi revisée, d'acquiescer purement et simplement à un accord qui se présentait sous la forme de représailles contre nos propres conventions de 1895. J'eus donc de M. Hanotaux l'ordre de déclarer au gouvernement chinois que si la convention sino-birmane était revisée dans ce sens, le gouvernement français réclamerait à son tour des avantages correspon-^ dants et propres à compléter ceux que nous tenions déjà des conventions du 20 juin 1895.

Lorsqu'en conséquence la convention sino-birmane, ainsi revisée, eut été signée à Pékin le 4 février 1897 entre mon collègue d'Angleterre, Sir. Claude Mac Donald, et Li Hong-tchang, j'ouvris aussitôt avec le prince K'ing, quoi qu'il en eût, et malgré ses protestations, une nouvelle négociation, elle aussi réparatrice et compensatrice comme avait prétendu et voulu l'être la négociation britannique qui venait d'aboutir. Ce fut, je dois le dire, une épreuve difficile, laborieuse, au cours de laquelle j'eus avec le Tsong-li ya-men de pénibles rencontres, mais dont le gouvernement de la République était déterminé à sortir à son honneur et avec la pleine satisfaction qu'il estimait lui être due. Li Hong-tchang, qui venait de signer avec Sir Claude Mac Donald la convention sino-

birmane revisée, pouvait difficilement être choisi comme le plénipotentiaire de la négociation nouvelle à poursuivre avec la France. Ce fut le prince K'ing, premier plénipotentiaire des conventions franco-chinoises du 20 juin 1895, à qui ce soin fut remis. Li Hong-tchang, d'ailleurs, loin de se montrer indifférent à la tâche nouvelle que j'avais à accomplir, me donna, au contraire, aux heures les plus critiques, d'utiles conseils que je me gardai de négliger. Là encore, et bien qu'il n'eût pas à paraître en titre, je sentais son action et je constatais qu'il demeurait fidèle à l'attitude que, depuis son retour d'Europe, il avait adoptée, celle d'un ami, d'un partisan résolu de l'entente entre l'alliance franco-russe et la Chine. Les avantages, que mes précises instructions me prescrivaient de réclamer de la Chine en compensation de ceux qui venaient d'être accordés à la Grande-Bretagne, n'étaient et ne pouvaient être que l'extension et le développement des droits ou facultés déjà consentis par les conventions du 20 juin 1896 à notre commerce, à notre industrie, à nos relations de frontière. Il s'agissait, pour nous, d'abord de nous faire confirmer de façon plus complète et plus sûre le droit de prolongement jusqu'à Nanning-fou, Pe-se, et au delà de la ligne ferrée déjà concédée de Dong-dang à Long-tcheou ; puis de consolider la promesse faite par le gouvernement chinois de s'adresser à nos ingénieurs et industriels pour l'exploitation des mines dans les trois provinces limitrophes du Sud, Kouangtong, Kouang-si, Yun-nan; enfin d'obtenir de nouvelles voies de pénétration entre l'Indo-Chine et le Yun-nan par l'amélioration de la navigabilité du haut Fleuve Rouge, par l'aplanissement de la route entre Ho-keou, Man-hao, Mong-tseu et la capitale provinciale, et surtout par l'éta-

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