LIVRE III 2H
blissement d'une voie ferrée entre l'Annam et Yun-nanfou, que cette voie suivît la région de la rivière de Pe-se ou celle du haut Fleuve Rouge. La négociation, malgré l'assistance que me prêta Li Hong-tchang et malgré la vigueur avec laquelle, de Paris, M. Hanotaux soutenait mes efforts, exigea de longues et dures séances. Commencée au milieu de février, elle n'aboutit qu'à la fin de mai. Pour en faciliter et hâter la conclusion, M. Hanotaux consentit à ce que le résultat fût consacré, non par une nouvelle convention en règle, mais par un échange de dépêches officielles destiné à faire foi, revêtu des sceaux du Tsong-li ya-men et de la Légation de France, et considéré comme un acte additionnel aux conventions du 20 juin 1895.
Ces dépêches, de forme naturellement identique, furent échangées le 12 juin 1897. Le texte, qui en a été publié dans le Livre jaune résumant les négociations de Chine de 1894 à 1898. «cellait sous les trois formules suivantes l'accord complémentaire intervenu entre les deux gouvernements :
€ Il est entendu que, conformément à l'article V de la convention commerciale complémentaire du 20 juin 1896, ainsi qu'au contrat intervenu le 5 juin 1896 entre la Compagnie de Fives-Lille et l'administration officielle du chemin de fer de Dong-dang à Long-tcheou, et aux dépêches échangées les 2 et 25 juin de la même année entre la Légation de la République et le Tsong-li ya-men, si la compagnie de Fives-Lille a convenablement réussi, et dès que la ligne de Dong-dang à Long-tcheou sera achevée, on ne manquera pas de s'adresser à elle pour les prolongements de ladite ligne dans la direction de Nan-ning et de Pe-se.
• Il est entendu que, conformément à l'article V de la convention commerciale complémentaire du 20 juin 1895^ dans les trois provinces limitrophes du Sud, Kouang-tong, Kouang-si, Yun-nan, le gouvernement chinois fera appeU pour les mines à exploiter, à l'aide d'ingénieurs et industriels français.
€ Il est entendu que la Chine entreprendra des travaux pour l'amélioration de la navigabilité du haut Fleuve Rouge, et qu'en vue des intérêts du commerce, elle aplanira et accommodera la route de Ho-keou à Man-hao et Mong-tseu jusqu'à la capitale provinciale. Il est entendu, en outre, que faculté sera donnée d'établir une voie de communication ferrée entre la frontière de TAnnam et la capitale provinciale, soit par la région de la rivière de Pe-se, soit parla région du haut Fleuve Rouge, les études et la mise à exécution par la Chine devant avoir lieu graduellement. »
C'est cette dernière formule pour la rédaction définitive de laquelle j'eus à livrer les plus rudes assauts. C'est elle aussi qui devait, l'année suivante, par un nouvel échange de lettres en date des 9 et 10 avril 1898, nous assurer, entre autres concessions, le droit de construire un chemin de fer de la frontière de l'Annam à la capitale du Yun-nan, le gouvernement chinois n'ayant, d'ailleurs, d'autre charge que de fournir le terrain nécessaire à la voie et aux dépendances.
Dans le cours de la négociation qui aboutit à l'échange des dépêches du 12 juin 1897, j'avais eu à réclamer de la Chine, par ordre de mon gouvernement et en vue de prévenir une éventualité qu'il nous était impossible d'admettre, l'assurance formelle que le gouvernement chinois n'aliénerait, en aucun cas, et sous aucune forme, à une