LIVRE IV
vert qu'en 1907, c'est à l'année 1897 que remontent les origines des premiers projets. Cette ligne, pour les dépenses de laquelle fut émis en France par la Banque Russo-Chinoise un emprunt de 40 millions de francs, devait se rattacher plus tard par Ta-t'ong à la ligne de Kalgan : elle doit, en outre, se raccorder, par le Sud, aux prolongements projetés de la ligne de K'ai-fong-Ho-nan, et, par là, à tout le réseau chinois du Centre et du Midi. Les entretiens que j'eus dans l'été de 1897 avec M. Hivonnait, qui arrivait en Chine au moment même où j'allais la quitter, furent les derniers dans lesquels j'eus à m'occuper alors de cette question des chemins de fer chinois qui a joué un si grand rôle dans l'histoire de ma mission. C'est à ce titre que j'ai cru devoir mentionner ici cette ligne dite du Chan-si où se manifesta heureusement la collaboration franco-russe de la Banque Russo-Chinoise. La Banque Russo-Chinoise, d'ailleurs, quelque soin que le gouvernement de la République et M. Hanotaux surtout eussent pris d'y marquer et d'y faire la part de l'élément français, ne pouvait, à la longue, et à mesure que nos intérêts économiques se développaient en Extrême- Orient, suffire à représenter la puissance de crédit et la force financière de la France. J'avais moi-même, dès l'origine, et à plusieurs reprises, du moment que le nom de la France n'apparaissait pas dans le titre et sur la façade de la Banque, insisté pour que notre puissance financière, qui était un instrument et un signe si manifeste de notre influence et de notre action, eût une représentation distincte qui ne la laissât pas se confondre avec l'action et l'influence de la Russie. Il fallut un certain temps pour que les efforts que je faisais dans ce sens aboutissent et pour que des mesures fussent prises. Ce n'est qu'un peu
plus tard, et lorsque j'étais ministre à Bruxelles, que fut trouvée la solution consistant à faire de la Banque de rindo-Ghine, déjà installée en Asie et ayant en Indo-Chine même les privilèges d'une banque d'émission, ce représentant en Chine de notre action financière et de notre crédit, et à délimiter entre elle et la Banque Russo-Chinoise leurs zones respectives. Il semblait, au début, que la zone de la Banque de l'Indo-Chine dût être plutôt au sud, entre Hong-Kong et le Yang-tseu, la zone de la Banque Russo-Chinoise restant au nord entre Shanghai, Pékin et la Mandchourie. Par la suite, et tout en gardant les meilleures relations, les deux Banques s'affranchirent de plus en plus l'une de l'autre, jusqu'à ce que, lors des grandes opérations financières que nécessita l'organisation de la République chinoise, après la révolution de i911, elles finissent par devenir, dans le consortium établi à cette date, exclusivement représentatives, l'une de la France, l'autre de la Russie. Toutes deux, les deux pays et la Chine aussi y gagnaient, et il n'est pas douteux que, depuis cette date, il n'y ait eu plus de clarté et d'efQcacité dans notre action, une relation plus directe entre la puissance de nos capitaux et l'étendue de notre influence politique. L'alliance franco-russe elle-même ne pouvait s'en trouver que fortifiée et accrue, ayant deux organes au lieu d'un seul et complétant par la diversité et la spécialité des intérêts de chacune des deux puissances dans les différentes zones et régions du Céleste- Empire Tunité fondamentale de leur commune politique. Notre activité économique n'allait pas tarder, dès cette année 1897, à recueillir le fruit de la politique adoptée envers la Chine par la France et la Russie. Nos Chambres de commerce et, à leur tête, la Chambre de commerce de