LIVRE IV
Lyon, avaient compris, comme elles en avaient eu déjà le pressentiment ou Tinstinct, en 1840, lors du premier traité conclu par la mission Lagrenée, que l'heure était venue d'ouvrir la Chine à notre commerce et à notre industrie. La Chambre de Lyon avait décidé et organisé l'envoi d'une mission fort bien conçue et recrutée avec soin, dont l'objet tout ensemble théorique et pratique «tait, non seulement d'explorer et d'étudier les diverses provinces offertes à nos tentatives, mais de fonder dès maintenant, s'il y avait lieu, les établissements ou installations nécessaires et d'inaugurer une nouvelle ère industrielle et commerciale. La mission, arrivée en Chine vers la fin de 1895, et dirigée, d'abord par M. Rocher, ancien consul à Mong-tseu, puis par M. Henri Brenier, visita successivement le Tonkin, le Yun-nan, le Sseu-tch'ouan, les deux Hou (Hou-peietHou-nan), le Kouei-tcheou, la région de Shanghai, le Fou-kien, les deux Kouang (Kouang-tong, Kouang-si), étudiant les routes terrestres et fluviales, les gisements miniers, les cultures, les industries, les habitudes et traditions commerciales, les questions de tarifs, ■et, avec une attention particulière, les voies de pénétration donnant le meilleur et le plus facile accès aux trois grandes provinces limitrophes de nos possessions d'Indo-Chine. Je m'étais naturellement appliqué de tout mon effort à faciliter et seconder l'œuvre si intéressante de nos compatriotes. Consulté, j'avais donné mon avis sur le programme même de la mission, recommandant avec instance l'étude des voies de pénétration et la recherche des conditions dans lesquelles pourrait être tentée l'exploitation des mines, d'abord dans les trois provinces limitrophes, mais aussi dans le bassin du Yang-tseu (le Sseu-tch'ouan, les deux Hou, le Kouei-tcheou). Les résul-
tats de la mission, recueillis par M. Brenier dans un ouvrage qui n'a cessé de faire autorité, ont été féconds pour le développement des rapports et des transactions entre la France et la Chine. J'en ai tiré moi-même autant d'instruction que de profit. Ajouterai-je que ce fut pour moi une haute satisfaction de constater que, dans l'important problème des voies de pénétration, mes conclusions se rencontraient et confondaient avec celles de la mission? C'est de ces conclusions que s'étaient inspirés, non seulement les conventions du 20 juin 1895, mais le contrat du chemin de fer de Long-tcheou et les notes échangées le 12 juin 1897 entre la Légation de la République et le Tsong-li ya-men concernant l'exploitation des mines du Kouang-tong, du Kouang-si et du Yun-nan, les prolongements ultérieurs de la ligne de Long-tcheou et le chemin de fer à construire entre l'Annam et la capitale provinciale du Yun-nan, soit par la voie de Nan-ning et Pe-se, soit par le haut Fleuve Rouge. Deux mois à peine après mon retour de Chine, je fus invité par la Chambre de commerce de Lyon à me retrouver, à Lyon même» avec les membres de la mission qui venaient de rentrer. C'est à cette occasion qu'après m'être entretenu avec MM. Aynard, U. Pila et Isaac, les personnages les plus considérables de la Chambre de Lyon, j'eus la primeur du remarquable rapport de M. Brenier, première esquisse du grand ouvrage ci-dessus mentionné, et qui fut publié lui-même en 1898.
La mission lyonnaise avait fait une étude approfondie des bassins miniers du Yun-nan, du Sseu-tch'ouan (salines et pétroles), de Kouei-tcheou (mercure). M. Brenier avait, dans un second séjour au Yun-nan, engagé avec les mandarins de Yun-nan-sen desentretienspluscircons-