‹ Ma mission en ChineChapitre 122 sur 180 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

tanciés et plus précis que n'avaient pu l'être ceux de M. Rocher sur les mines dont l'exploitation pourrait être remise à nos ingénieurs. Au Sseu-tch'ouan, l'un de nos compatriotes, M. Baux, en association avec un Suisse, protégé français, M. Laiderich, avait obtenu, par l'aide de petits mandarins locaux, la concession de gisements pétrolifères. Au Kouei-tcheou, un syndicat français, représenté par un sujet hongrois, M. de Marteau, put conclure un contrat avantageux pour l'exploitation des mines de mercure. Enfin, sur le parcours des chemins de fer concédés, notamment sur la ligne de Han-K'eou à Pékin, les sociétés concessionnaires avaient acquis le droit d'exploitation de certaines mines (houille, fer ou argent). L'exploitation minière devait cependant se heurter à de graves obstacles. Les Russes, et plus tard les Japonais, en firent comme nous l'expérience. Les seules tentatives qui purent aboutir et se poursuivre avec quelque succès furent celles dans lesquelles les étrangers parvinrent à s'associer avec des compagnies chinoises. C'est cette méthode d'association que j'avais, dès le principe, recommandée comme la plus pratique et comme offrant le plus de chances de triompher des résistances indigènes.

C'est dans la dernière période des explorations faites par la mission lyonnaise que se produisirent deux incidents, l'un tout à fait tragique, l'autre dont les suites furent heureusement moins fatales, mais à l'expiation et à la réparation desquels le gouvernement chinois comprit qu'il ne devait apporter ni retard ni défaillance. Le premier de ces incidents fut, dans une rébellion locale qui éclata au Kouang-si pendant l'hiver de 1896-1897, le meurtre à Lo-li, le 31 mars, du Père Mazel, prêtre des Missions étrangères, lâchement assassiné par des bri-

gands, tandis qu'il était couché et malade. Ces brigands faisaient partie d'une bande de pirates qui, depuis l'organisation de la police mixte, ne pouvant plus opérer sur la frontière, s'étaient rejetés dans le carrefour des trois provinces du Kouang-si, du Yun-nan et du Kouei-tcheou, où ils exerçaient leurs déprédations. Le Tsong-li ya-men, par qui j'avais été informé, en même temps que par notre consul à Long-tcheou, par le vicaire apostolique de Kouang-si et par le chef de la mission lyonnaise, m'avait aussitôt assuré que les mesures les plus énergiques seraient prises pour châtier les coupables, poursuivre les bandits et protéger les étrangers. Ayant eu, quelques jours après le meurtre de notre religieux, le 21 avril, l'occasion d'être reçu en audience solennelle à Pékin pour remettre à l'Empereur le grand cordon de la Légion d'honneur et les présents que lui offrait le Président de la République, j'avais exprimé aux princes et aux ministres le scrupule douloureux que j'éprouvais à m'acquitter de cette mission de courtoisie avant que je n'eusse tous mes apaisements sur la façon dont serait puni et réparé le criminel attentat du 31 mars. Les princes et les ministres, comprenant mon sentiment, m'avaient prié de ne concevoir aucune inquiétude sur la fidélité avec laquelle seraient tenues les promesses qui m'avaient été faites. Li Hongtchang ajouta que le matin même de ce jour, par une pensée semblable au sentiment dont j'étais moi-même animé, l'Empereur avait fait adresser au gouverneur du Kouang-si et au général Sou les ordres les plus catégoriques pour que satisfaction entière nous fût donnée, pour que les coupables fussent sévèrement châtiés et pour que les missionnaires ou autres étrangers établis ou voyageant dans les trois provinces fussent effica-

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