‹ Ma mission en ChineChapitre 123 sur 180 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

cernent protégés. Et, de fait, le général Sou avait aussitôt organisé contre les pirates une expédition à la suite de laquelle les chefs de bande et les brigands con vaincus d'avoir participé au meurtre du Père Mazel furent immédiatement décapités. Les autorités, considérées comme responsables, y compris le gouverneur du Kouang-si et le général Sou lui-même, furent punies ou blâmées. Un peu plus tard, lorsque eurent été faites sur place, par les soins du vicaire apostolique et de notre consul, les enquêtes nécessaires, une indemnité s'élevant au chiffre de iSOOOtaëls fut accordée à la Mission catholique. Quant aux membres de la mission lyonnaise qui se trouvaient encore dans la région, et dont la sécurité pouvait être menacée, ils furent, sous escorte, accompagnés jusqu'au point de la rivière de l'Ouest, Si-kiang, d'où ils s'étaient proposé de descendre jusqu'à Canton.

Le second incident s'était produit le 1" janvier 1897, à King-tcheou-fou, à quelques kilomètres de Cha-che, sur le Yang-tseu. Deux des membres de la mission lyonnaise, MM. Riault et Waeles, s'étaient rendus à King-tcheou, accompagnés de M. Neumann, directeur des douanes, pour y visiter des tissages de coton. King-tcheou, siège d^une préfecture, est une ville murée contenant une ville chinoise et une ville tartare. M. Riault, Waeles et Neumann, ayant cru pouvoir traverser la ville tartare pour atteindre plus vite la ville chinoise, furent accueillis par une foule en fureur qui se mit à les lapider à coups de pierres et de briques. Tous trois furent assez grièvement blessés et renversés, et leur situation eût pu devenir tout à fait critique, lorsque heureusement une barque vint atterrir sur les bords du canal entourant cette partie de la ville. Les trois blessés eurent la force de se relever et de se jeter

dans la barque qui, se détachant de la rive, les mit en sûreté, informé par le consul, M. Morisse, de ce qui s'était passé, je demandai au Tsong-li ya-men de prendre des mesures immédiates pour que l'attentat ainsi commis, et dont les suites eussent pu être beaucoup plus graves, reçût les sanctions nécessaires. Comn^ ces sanctions se faisaient attendre et que les autorités locales paraissaient vouloir se contenter d'une expiation insuffisante, je priai M. Morisse de se rendre lui-môme à Gha-Che et d'exiger sur place les punitions et réparations qui s'imposaient. M. Morisse, que j'appuyais de Pékin, obtint, après plusieurs entrevues avec le taotai, la mise en prison du soldat des bannières mandchoues qui avait donné le signal de l'agression contre nos compatriotes, la peine du fouet de cuir contre quatorze autres soldats des mêmes bannières, la destitution des deux petits mandarins préposés à la garde des portes Est de King-tcheou, la rétrogradation de trois autres mandarins, de grade plus élevé, enfin l'affichage au centre de la ville et sur les portes de cinq proclamations contenant le récit des faits et l'énumération des punitions infligées.

J'avais, depuis l'été de 1896, poursuivi auprès du Tsong-li ya-men l'apaisement d'une réclamation d'un autre ordre, dans laquelle il s'agissait, non plus d'attentats contre la vie ou la sécurité de mes compatriotes, mais d'une campagne de boycottage entreprise, en violation des articles très précis de notre traité de 4858 (article XIV notamment), contre les bâtiments de commerce appartenant à MM. Marty et d'Abbadie, et faisant la navigation entre Haï-phong, l'île de Hai-nan, Pakhoi et Hong-kong. La campagne de boycottage avait été organisée par une société d'armateurs chinois de Pakhoi et

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