LIVRE IV 24i
obstacles que leur opposait, à roccasion, la déloyauté de la concurrence indigène, puis par les difficultés de toute sorte résultant des règlements mêmes de la navigation et des taxes perçues sur les marchandises dirigées vers l'inrieur. Le pavillon français n'était guère représenté dans les mers ou sur les fleuves de Chine que par les paque* bots des Messageries Maritimes, par quelque compagnie locale, et, de loin en loin, par de grands voiliers de nos ports de l'Atlantique. Notre législation nationale, par les exigences auxquelles la navigation était soumise, même dans les mers lointaines, était en elle-même une des principales causes de Tinfériorité dans laquelle notre pavillon se trouvait placé. J'insistai, à maintes reprises, sur les amendements qu'il y avait lieu, à mon avis, d'apporter à cette législation. Quelques adoucissements y furent^ en effet, consentis. Le gouvernement général de l'Indo-Ghine, d'autre part, à la date où il eut pour titulaire M. Paul Doumer, s'efforça, par une heureuse initiative, et par l'octroi de subventions opportunes, d'encourager les efforts de compagnies privées, soit entre Haïphong,. Hong-kong et Canton, soit sur le Yang-tseu. Le corps diplomatique, de son côté, s'appliqua à obtenir du gouvernement chinois, outre la correction de rivières, telles que le Houang-p'ou et le Pei-ho, la substitution de règlements plus libéraux à ceux qui jusqu'alors régissaient la navigation. Les différentes compagnies étrangères enfin essayèrent de s'entendre en conférence pour pouvoir lutter avec moins de désavantage contre les compagnies indigènes. Par l'effet de ces diverses mesures, une société française réussit pendant quelques années à maintenir sur le Yang-tseu un service de trois bâtiments entre l-chang et Han-k'eou, de même qu'entre Han-k'eou et
Shanghai; mais ce ne fut qu'une tentative éphémère, et notre pavillon, sauf pendant cette courte période, continua à n'être représenté que par la flotte subventionnée des Messageries Maritimes.
Un autre service dont le gouvernement chinois reconnut alors rimportance, et à l'organisation duquel le gouvernement de la République était particulièrement en mesure de concourir, était celui des postes. Les postes chinoises avaient jusque-là continué à être desservies par l'ancienne méthode indigène des courriers à cheval, exception étant faite pour le service des légations, des consulats et de la douane qui était assuré par des courriers spéciaux, notamment à Shanghai et à Tien-tsin, où plusieurs des puissances représentées en Chine avaient elles-mêmes des bureaux de poste relevant de l'Union postale. Au mois ^ de mars 1896, le gouvernement chinois avait décidé de créer une nouvelle administration des postes et d'adhérer à l'Union postale universelle. Cette adhésion toutefois ne pouvait être accueillie que quand les services seraient suffisamment organisés. Il •était, en outre, entendu que provisoirement les bureaux •étrangers subsisteraient et ne pourraient être abolis •qu'après accord entre la Chine et les divers gouvernements. Le gouvernement français, tout en insistant pour le maintien de ses bureaux de Shanghai et de Tien-tsin, était disposé à faciliter au gouvernement chinois l'organisation de ses nouveaux services. Il s'offrait, de plus, à établir entre l'Indo-Cbine et les consulats de la frontière méridionale (Long-tcheou, Han-k'eou, Mong-tseu, Sseumao) des communications postales régulières, avec bureaux français dans ces divers ports. Je fus chargé de préparer avec Sir Robert Hart, et sauf agrément préa-