‹ Ma mission en ChineChapitre 128 sur 180 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

malade après plusieurs jours de voyage, vers le 10 février, et dut revenir se soigner à Tch'eng-tou. Mais cet incident, quelque regret que j'en éprouvasse, tourna mieux que je n'aurais pu le penser. Le Tsong-li ya-men, en effet, sentant sa responsabilité et ému de sympathie pour l'état de santé de M. Haas, se résolut à prendre lui-même les mesures nécessaires et à confier à un mandarin, dont les hauts mérites et la loyauté nous étaient connus, le taotai Kî Tche-wen, la tâche que M. Haas avait été forcé d'abandonner, il fut convenu, par un accord en règle entre le taotai Ki Tche-wen et nos missionnaires, que le taotai irait d'abord seul dans les localités désignées pour préparer leur réinstallation, et que nos missionnaires partiraient eux-mêmes à une date fixée, le 29 avril, pour le rejoindre et procéder avec lui à leur réinstallation. Le gouvernement chinois avait d'ailleurs, depuis quelques mois, par l'envoi de troupes régulières au Sseu-tch'ouan et au Thibet, et par la désignation d'un nouveau résident impérial à Lhassa, pourvu à un rétablissement plus efficace de son autorité et de son pouvoir. A la date du 29 avril, M. Giraudeau, procureur de la Mission, me faisait savoir, par un télégramme en langue latine, expédié de Ta-tsien-lou qu'il partait avec les missionnaires pour rentrer à Batang : Hodie redimus Batang, rmiximas grattas. Le même jour je lisais, au Jouimal officiel de la République, le texte du décret par lequel Mgr Biet, vicaire apostolique de la mission du Thibet, était nommé chevalier de la Légion d'honneur. Le 15 mai suivant, la réintégration de nos missionnaires était un fait accompli. Les chefs aborigènes de la région s'étaient entendus avec les autorités civiles et militaires pour laisser désormais à nos missionnaires tranquille possession de leurs établissements et libre

â48 MA MISSION EN CHINE

exercice de leur ministère. Les autorités s'étaient engagées, d'autre part, à assurer le maintien de l'ordre. Nos Missions étaient rentrées de même dans les établissements d'Atentse et de Tsekou relevant du Yun-nan. Le long exil de nos religieux prenait fin, un attentat d'injustice et de violence était réparé. La France avait une fois de plus, par l'entremise de sa Légation, accompli scrupuleuse, ment son œuvre de protection.

Le Consulat général de la République à Shanghai poursuivait directement avec les délégués des gouvernements provinciaux le règlement des affaires religieuses du Kiangsi, du Tche-Kiang et des provinces comprises dans le bassin inférieur du Yang-tseu. En Mongolie, les Missions belges obtenaient, à la suite d'arrangements avec les délégués chinois, leur établissement sur les terrains indigènes dont elles avaient précédemment acquis la concession. La convention Berthemy sur l'acquisition des terrains et maisons était désormais pratiquée sur tout le territoire de l'Empire conformément au texte amendé sur lequel un accord était intervenu entre la Légation de la République et le Tsong-li ya-men. Les codes étaient correctement publiés, après élimination de tous textes et édits offensants pour la foi chrétienne et contraires à la liberté religieuse. Certaines autorités provinciales ayant tenté, notamment en Mandchourie, de se référer, pour le règlement de difficultés avec les Missions, à un c mémorandum > que le gouvernement chinois avait adressé en 1871 aux diverses Légations et que les Légations n'avaient pas admis, et le Tsong-li ya-men lui-même ayant cru pouvoir, dans une dépêche officielle, en date du iO décembre 1896, invoquer ce mémorandum, je rappelai aussitôt, et dans les termes les plus catégoriques, aux

Page 1