‹ Ma mission en ChineChapitre 129 sur 180 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

princes et aux ministres chinois que, le mémorandum de 1871 n'ayant été agréé par aucun gouvernement, le texte des traités et notamment l'article XIII du traité francochinois du 27 juin 1858 étaient les seuls à invoquer en la matière, t Je ne puis, quanta moi, ajoutais-je, et d'après les instructions formelles de mon gouvernement, admettre, en ce qui concerne l'exercice et la protection de la religion chrétienne en Chine, d'autre texte que l'article XIII du traité conclu le 27 juin 1858 entre la France et la Chine, les édits Yu-tan et Long-piao qui concernent l'application dudit article et la convention Berthemy. »

11 me restait, pour considérer ma tâche comme pleinement remplie, à tenir la promesse que j'avais faite, ou plutôt à voir se réaliser l'espoir que j'avais formé de présider en personne à l'inauguration solennelle de notre église de Tien-tsin, détruite dans l'émeute du 21 juin 1870, et dont, sur ma demande expresse, le gouveruement chinois avait enfin autorisé et prescrit la restauration. Cette haute satisfaction de cœur et de conscience me fut accordée. Les travaux, commencés au mois de novembre 1896 sous la direction du Père Favier et poursuivis par lui pendant tout l'hiver, avaient pu être achevés en temps utile. Notre vœu était que l'inauguration de l'église restaurée pût avoir lieu au jour anniversaire de la destruction, le 21 juin. Bien que les autorités chinoises, sous prétexte de sauver la face, bien que le Tsong-li ya-men lui-même et Li Hong-tchang en particulier eussent insisté pour le choix d'une autre date, je considérai qu'il y avait pour nous un point d'honneur et un scrupule de fidélité à nos souvenirs à ne pas céder. La date fut maintenue. L'avant veille du jour fixé, je me rendis à Tien-tsin avec le Vicaire apostolique, avec le Père Favier et les principaux mem-

bres de la Mission. Ce fut mon premier voyage sur la nouvelle ligne de chemin de fer qui venait d'être ouverte entre Pékin et Tien-tsin, et qui permettait d'accomplir en trois ou quatre heures un trajet qui auparavant, par le canal et le Pei-ho, exigeait trois ou quatre jours. A Tientsin, par les soins du Vice-Roi et de M. Vissière, chargé alors de l'intérim de notre consulat, toutes les dispositions, toutes les mesures d'ordre avaient été prises. J'avais, dans la journée du 20, rendu visite au Vice-Roi qui m'avait promis, s'il n'assistait pas lui-même à la cérémonie du lendemain, de s'y faire représenter par les plus hautes autorités de la province et de la ville. Dans la matinée du 21, nous prîmes, pour nous rendre à l'église du Wang-hai-leou, la route de la rivière. Nous nous embarquâmes à bord de cinq bateaux chinois pavoises aux couleurs françaises et chinoises et remorqués par un vapeur. Sur ces bâtiments avaient pris place avec moi le Consul, les membres de la Mission religieuse et de notre colonie, le commandant et les officiers de notre canonnière la Comète, vingt-cinq fusiliers marins, les consuls de Russie et d'Angleterre, trois officiers russes, le commandant de la canonnière anglaise et quelques-uns des membres des colonies étrangères, notamment le D' Heuston, médecin de l'hôpital du Vice-Roi, et M. Morrison, correspondant du Times^ qui venait, précisément à cette date, d'arriver en Chine. Sur le quai de l'église nous attendaient les autorités chinoises, à savoir le général commandant la ville, le taotai et un bataillon de troupes chinoises avec tous ses officiers. Le général et le taotai pénétrèrent avec nous dans l'église où étaient rangées dans les deux nefs latérales les tombes des Français et des étrangers massacrés le 21 juin 1870.- La bénédiction

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