‹ Ma mission en ChineChapitre 131 sur 180 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

féré qu'à un seul souverain ou chef d'État, à S. M. l'Empereur de Russie Nicolas II, en 1896, lors des fêtes du couronnement.

J'avais désiré ne pas m'éloigner de Pékin avant la célébration de notre fête nationale. A cette date du 14 juillet, Li Hong-tchang, selon TafTectueuse habitude qu'il avait prise, vint, non seulement me rendre une visite officielle de félicitation, mais passer la plus grande partie de la journée avec moi et assister à notre dîner avec le personnel de la Légation, les membres de notre petite colonie et nos amis les plus intimes. J'eus avec lui, au cours de cette dernière journée, de longs entretiens, tant sur les événements accomplis que sur les affaires qu'il y aurait encore à régler et sur l'avenir des relations entre la Chine, la France et la Russie. Li Hong-tchang m'entretint, entre autres sujets, du nouvel emprunt que la Chine avait à contracter avant le printemps de 1898 pour achever la libération de son territoire. Il m'exprimait l'espoir que ce dernier emprunt pût être conclu en France, comme l'avait été le premier. C'est alors qu'il revint aussi avec moi sur la question du port que l'Allemagne cherchait à se faire concéder, et qu'il me renouvela, dans les termes les plus délibérés, la ferme résolution du gouvernement chinois de ne pas consentir un tel abandon et de ne pas donner lui-même le signal de ce qui serait une curée. Ce fut, je crois, le dernier mot du Vice-Roi, et l'impression confiante que je gardai de cette conversation in extremis. Quatre mois après, par suite de circonstances dont la Chine n'était pas seule responsable, et parce que nulle volonté, nulle prévoyance ne s'opposa à temps à l'exécution d'un si funeste dessein, le port de Kiao-tcheou était occupé par l'escadre allemande, et la curée allait commencer.

Je quittai Pékin dès le leademain de notre fête nationale, le 15 juillet, laissant la gérance de la Légation entre les mains prudentes et expertes de M. Dubail, que j'avais spécialement recommandé à M. Hanotaux pour cette mission. Quelques jours auparavant, M. Hanotaux m'avait fait savoir, par télégramme, que le Président de la République m'avait, sur sa proposition, et pour reconnaître mes services, élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur. Je m'embarquai à Tien-tsin pour le Japon où je devais faire un bref séjour et d'où, par le Canada et les États-Unis, je devais continuer ma route de retour vers la France.

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