ÉPILOGUE La suite des événements de Chine depuis l'occupation de
KlAO-TCHEOU PAR l'AlLEMAGNE JUSQU'A LA MORT DE YuAN GhE-k'aI ET JUSQU'A l'eNTRÉE DE LA ChINE DANS LA LUTTE CONTRE LES PUISSANCES fiERMANIQUES (1897-1917).
L'occupation de Kiao-tcheoa par T Allemagne et la curée des ports (1897). — Les réformes de Tempereur Kouang-siu et le coup d'État de l'Impératrice douairière (1898). — L'insurrection des Boxeurs, le siège des Légations et le protocole de Pékin (1899- 1901). — La mort de l'empereur Kouang-siu et de l'Impératrice douairière et la régence du prince Tch'ouen (1908-1911). — La révolution chinoise, l'avènement de la République et la présidence de Yuan Che-k'ai (1911 1916). — La présidence de Li Yuanhong, puis du général F'eng kouo chang, et l'entrée de la Chine dans la guerre contre les Puissances germaniques (1916-1918).
C'est le 9 novembre 1897 que trois navires de guerre allemands, le Kaiser, la Prinzessin Wilhelm et le Cormoran recevaient à Shanghai Tordre d'appareiller le jour suivant; c'est le 14 du même mois qu'ils pénétraient dans la baie de Kiao-tcheou et que, sous les ordres du contre-amiral von Diederichs, les compagnies de débarquement mettaient pied à terre pour occuper les hauteurs dominant la baie. Cette détermination était prise pour venger et punir le meurtre de deux missionnaires allemands de la Congrégation de Steyl, les Pères Nies et Henle, qui avaient été tués le soir du 1" novembre par une bande de brigands chinois dans le petit village de Kia-tchouang (préfecture de
28i MA MISSION EN CHINE
Tsao-tcheou) dans le Chan-tong méridional, mais, en réalité et surtout pour mettre enfin à exécution le plan depuis longtemps conçu par le gouvernement allemand, désireux de s'assurer en Chine une base territoriale.
D'après les arrangements passés entre la France et le Saint-Siège, renouvelés en i888 et reconnus par le gouvernement chinois, c'eût été à la France, seule protectrice des Missions catholiques, de poursuivre auprès du Tsong-li ya-men la punition et la réparation du meurtre commis contre les deux missionnaires. Mais, depuis i890-i891, l'Allemagne avait revendiqué, comme lui appartenant, la protection de ses religieux nationaux. En fait elle avait depuis lors exercé cette protection, sans que le Saint- Siège et le gouvernement français eussent jugé à propos de protester et de créer un conflit. L'exercice de cette protection fournissait maintenant à l'Allemagne le motif ou le prétexte que, depuis plusieurs mois, elle cherchait pour réaliser ses projets. Ce que le chancelier d'Allemagne à Berlin avait vainement demandé à Li Hong-tchang, ce que le baron Heyking à Pékin avait essayé sans succès d'obtenir du gouvernement chinois, la base territoriale nécessaire aux ambitions de l'Allemagne, le contre-amîral von Diederichs s'en emparait sans coup férir, se bornant à faire connaître à la population chinoise, par une proclamation affichée dans Kiao-tcheou, que c'était là pour l'Allemagne le moyen d'obtenir de la Chine la gratitude qui lui était due pour le service rendu après la paix de Shimonoseki.
L'empereur Guillaume II, au moment où il faisait donner à son escadre de Chine l'ordre d'appareiller pour Kiaotcheou, et bien qu'il n'ignorât pas sans doute les arrangements antérieurs passés entre la Chine et la Russie au sujet de cette baie, télégraphia à l'empereur Nicolas II