‹ Ma mission en ChineChapitre 16 sur 180 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

conclure. Us se refusaient, dans ces conditions, à engager des pourparlers qui n'eussent point eu, à leur gré, de garantie ni de sanction. Les deux envoyés chinois étaient, €n conséquence, invités à quitter dès le lendemain Hiroshima. Le gouvernement chinois, avisé par le télégraphe, essaya vainement de proposer au gouvernement japonais l'envoi de nouvelles lettres constituant des pleins pouvoirs réguliers et définitifs. Le gouvernement japonais déclara que les nouveaux pouvoirs devaient être confiés à de nouveaux plénipotentiaires.

Tchang Yin-houan et Ghao Yeou-lien reprirent donc leur route vers Shanghai. Quand ils y arrivèrent, ils apprirent que Wei-hai-wei, attaqué depuis la mi-janvier par terre et par mer, avait succombé le 7 février, que les bâtiments chinois enfermés dans le port avaient été torpillés et coulés, que l'amiral Ting, dangereusement blessé, avait lui-même mis fin à ses jours en s'asphyxiant avec des feuilles d'or, que le contre-amiral commandant en second et deux généraux de l'armée de terre l'avaient suivi dans la mort, et qu'à la date du 12 les Japonais avaient pris possession du port, de la forteresse et des territoires adjacents. La Chine n'avait plus de flotte. Les deux places gardant l'accès du golfe du Petchili, Port-Arthur et Wei-hai-wei, étaient dans les mains de l'ennemi. Les deux armées japonaises opérant en M andchourie menaçaient Leao-yang et Moukden au nord, Nieou-tchouang au sud. Des rapports dignes de foi et vraisemblables annonçaient que des forces militaires et navales étaient préparées au Japon pour une expédition sur Formose. L'heure était décidément venue pour le gouvernement chinois, puisqu'il avait compris la nécessité de la paix, de la rechercher sans nouvelle perte de temps et sans

détour^ par la seule procédure régulière que le gouvernement japonais fût résolu à admettre, par l'envoi de plénipotentiaires d'un rang élevé et munis des pleins pouvoirs les plus catégoriques, n'impliquant ni équivoque ni réserve.

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