LIVRE IV
dence, à la date du i4 août, la déclaration de l'état de guerre fut officiellement proclamée et annoncée aux Puissances.
Par cette décision la Chine, délivrée des derniers liens qui l'attachaient encore au passé, devenait l'alliée des États-Unis, du Japon, et de toutes les Puissances de l'Ouest liguées contre les Empires germaniques. Elle s'affranchissait du joug de la Puissance dont, depuis vingt ans, elle avait eu le plus à souffrir, de cette Allemagne qui, après lui avoir arraché par violence la cession à bail du port de Kiao-tcheou, l'avait humiliée en 1900 par la mission expiatoire du prince Tch'ouen à Berlin et qui, depuis lors, n'avait cessé, pour édifier sa propre fortune, de lui susciter des embarras sur toutes ses frontières, de lui créer des difficultés avec toutes les Puissances dont elle avait cependant le plus d'intérêt à rechercher et à cultiver l'amitié, la Grande-Bretagne, la Russie, la France, le Japon, les États-Unis.
L'attentat commis en 1897 par l'Allemagne contre l'indépendance et la paix de la Chine, l'attentat de Kiaotcheou, origine de toutes les difficultés et crises dans lesquelles la Chine eut à se débattre pendant près d'un quart de siècle, est aujourd'hui réparé et expié. La Chine, en recouvrant son intégrité et son indépendance, se trouve reliée et unie au groupe des Puissances qui, en travaillant à la prospérité de l'Asie oi:ientale, ont voulu, dans les régions lointaines de l'Extrême-Orient et du Pacifique, comme en Europe et en Orient, mettre fin à la domination et aux projets d'annexion et de conquête de l'Empire allemand. Il y a là, pour la terre antique de Confucius, pour le vieil Empire asiatique où
les doctrines de la morale publique et de la paix ont été enseignées depuis tant de siècles, une consécration et une garantie suprême, la consécration de son passé historique, la garantie de son avenir dans la Société des Nations.