‹ Ma mission en ChineChapitre 24 sur 180 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Li Hong-tchang était arrivé le 19 mars à Shimonoseki, et il avait, dès ce même jour, fait prier le comte Ito, à qui il avait lui-même par lettre annoncé sa venue, de désigner le jour et l'heure de la première entrevue, qui fut fixée au lendemain 20 mars à trois heures de l'aprèsmidi. Dans cette première séance, Li Hong-tchang, comme il se Tétait proposé, remit au comte Ito un projet d'armistice entre les deux gouvernements. A cette demande, le comte Ito répondit le 21, en faisant connaître les conditions de cet armistice, que le Tsong-li yà-men nous communiqua le 22, et qui étaient les suivantes : 1* occupation par les troupes japonaises de Ta-kou, Tien-tsin et Chanhai-kouan, ainsi que des forteresses et ouvrages de ces trois places; 2» livraison, dans ces trois villes, des armes et munitions de guerre de l'armée chinoise ; 3" administration et contrôle par l'autorité japonaise de la ligne ferrée entre Chan-hai-kouan et Tien-tsin ; 4* paiement par la Chine d'une contribution de guerre calculée sur la durée de l'armistice. Le gouvernement chinois, après nous avoir consultés, et bien qu'il nous fût malaisé de lui conseiller la résistance, avait cru devoir décliner ces conditions, tout en se déclarant prêt à poursuivre les négociations de paix. Mais, le jour même où Li Hong-tchang portait cette réponse à la connaissance des plénipotentiaires japonais, il fut, à Shimonoseki, l'objet d'un attentat criminel de la part d'un jeune fanatique, Koyama Rokunosuke, qui l'atteignit à la joue, au-dessous de l'œil gauche, d'une balle de revolver. La conséquence de cet attentat, qui n'eut heureusement pas de suite grave, fut la résolution généreusement prise motu proprio par l'empereur du Japon d'accorder sans conditions l'armistice que le gouvernement chinois avait demandé. Aux termes d'une con-

vention spéciale conclue le 30 mars, il fut stipulé qu'il y aurait entre les deux pays, dans les provinces de Moukden, du Tche-li et du Chan-tong, un armistice de trois semaines se terminant le 20 avril à midi. Les Pescadores et Formose n'étaient pas compris dans cet armistice.

Les négociations elles-mêmes, malgré la blessure du Vice-Roi, purent se poursuivre, son fils Li King-faog ayant été nommé plénipotentiaire adjoint, et cette partie des négociations consistant surtout dans la communication écrite, d'abord du projet de traité proposé par le Japon (!*' avril), puis de la réponse de Li Hong-tchang à ce projet (5 avril) et de l'envoi par ce dernier, selon le désir exprimé par le comte Ito, du contre-projet du gouvernement chinois (9 avril).

Le projet du gouvernement japonais, dont la substance nous fut communiquée le 3 avril par le Tsong-li ya-men, comprenait : 1* la reconnaissance par la Chine de la pleine indépendance et autonomie de la Corée; 2<> la cession au Japon de Formose, des Pescadores et des territoires de la Mandchourie méridionale sis entre le Ya-lou et le Leao jusqu'au sud de la presqu'île du Leao-toung, Port-Arthur et Ta-lien-wan y inclus; 3* le paiement au Japon d'une indemnité de guerre de 300 millions de taëls; 4<> la conclusion entre les deux pays d'un nouveau traité de commerce sur la base des traités conclus entre la Chine et les puissances occidentales, étant dès à présent entendu qu'à la liste des villes et ports déjà ouverts seraient joints les villes et ports de Pékin, Cha-che (Hou-péi), Siang-t'an (Hou-nan), Tch'ong-king (Sseu-tch'ouan), Wou-tchéou (Kouang-si), Sou-tchéou (Kiang-sou), Hang-tchéou (Tchekiang) ; que le droit de navigation serait étendu au Haut Yang-tseu, au lac Tung-t'ing, à la rivière de l'Ouest jus-

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