‹ Ma mission en ChineChapitre 25 sur 180 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

<ju'à Wou-tchéou, à la rivière de Wou-song et aux canaux de Shanghai à Sou-tchéou et Hang-tchéou; que d'importantes réformes seraient introduites dans le paiement des droits d'importation (abolition des li-kin), dans le transport des marchandises à Tintérieur de la Chine et dans la région des industries (liberté de l'industrie et de Timportation des machines); que la Chine enfin s'engageait à exécuter les travaux de correction de la barre de Wousong; 5*» occupation temporaire, par le Japon, jusqu'au paiement complet de l'indemnité, de Moukden et de Weihai-wei.

Le Tsong-li ya-men, dans la communication qu'il nous fit le 3 avril, n'avait pas mentionné expressément les clauses d'ordre commercial, industriel et économique, craignant sans doute que ces clauses ne parussent plutôt avantageuses aux diverses nations de l'Ouest qui, comme le Japon, seraient appelées à en profiter. Les princes et les ministres insistaient, au contraire, sur le caractère draconien des clauses d'ordre territorial, politique et financier, ajoutant que la Chine était hors d'état d'y consentir, et nous suppliant de faire appel aux sentiments •de modération et de mansuétude du gouvernement japonais. Nous n'avions pas manqué, mon collègue de Russie et moi, de transmettre à nos gouvernements, en même 4emps que les informations qui nous étaient communiquées, les instances et supplications du gouvernement chinois, d'autant que l'inclusion dans les clauses d'ordre territorial de Port-Arthur et d'une partie importante de la Mandchourie méridionale, si elle ne menaçait pas la frontière russe, plaçait une enclave entre la Corée et la <!lhinc et faisait du Japon le maître du golfe du Petchili et des approches mêmes de la capitale de l'Empire.

Li Hong-tchang, dans sa réponse du 5 avril au comte Ito, ne faisait aucune difficulté sur la première des clauses, l'indépendance et l'autonomie de la Corée, pourvu que cette indépendance et cette autonomie fussent reconnues de même par le Japon. En ce qui concerne les clauses d'ordre territorial, et sans élever d'objection contre la cession de Formose et des Pescadores, il formulait avec autant de pénétration que de justesse les raisons qui, selon lui, en vue même de la paix à rétablir entre les deux pays, s'opposaient à ce que le Japon, par l'occupation des points commandant l'entrée du Tche-li et des terri toilres où sont le berceau et la tombe de la dynastie mandcboue, pesât sur la liberté et la dignité de la Chine et entretînt chez sa voisine un constant et légitime désir de représailles et de revanche. Quant à la clause relative à l'indemnité de guerre, il la discutait avec une extrême ténacité, très préoccupé d'en réduire le montant aux dépenses réellement faites et ne craignant pas de représenter comme précaires les ressources de la Chine dont le comte Ito ne laissait pas que de connaître aussi exactement que possible l'étendue. Pour les clauses d'ordre commercial et économique, il réservait provisoirement celles qui avaient trait aux ports ouverts et à la navigation intérieure sur les grands fleuves, s'attachant surtout à combattre le projet d'abolition ou de commutation des douanes intérieures, la liberté des entreprises industrielles et l'importation des machines, enfin l'application à la Chine, sur le territoire du Japon, d'un régime qui serait celui de la nation la moins favorisée. Li Hong-tchang s'élevait en dernier lieu contre l'occupation par les troupes japonaises de certaines parties du territoire chinois jusqu'à la conclusion d'un nouveau traité de commerce et

Page 1