‹ Ma mission en ChineChapitre 26 sur 180 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

jusqu'au paiement de rindemnité de guerre. Il terminait en priant le comte Ito de considérer qu'il importait moins au Japon de s'assurer des avantages territoriaux ou pécuniaires que de fonder entre les deux États voisins, et que tant d'affinités rapprochaient, une paix et une amitié durables qui seraient le salut et le bonheur de l'Orient. • Invité le 6 avril à remettre un contre-projet précis, Li Hong-tchang soumettait le 9 au comte Ito un ensemble de contre-propositions comprenant : i" la reconnaissance naturellement réciproque par la Chine et le Japon de l'indépendance et de l'autonomie de la Corée; 2« la cession au Japon d'une préfecture, d'une sous-préfecture et de deux districts dans la province de Moukden et du groupe des Pescadores dans les mers de Chine; 3" le paiement d'une indemnité de 100 millions de taëls; 4* la conclusion entre la Chine et le Japon d'un nouveau traité de commerce et de navigation sur la base des traités existant entre la Chine et les puissances d'Occident et du traitement réciproque de la nation la plus favorisée; 5" l'occupation temporaire de Wei-hai-wei jusqu'au paiement total de l'indemnité; 6« le recours à l'arbitrage au cas où les deux puissances contractantes ne pourraient, par la voie diplomatique ordinaire, se mettre d'accord sur l'exécution ou l'interprétation des traités à conclure entre les deux pays.

Dès le lendemain, 10 avril, le comte Ito répondit, à son tour, à ces contre-propositions en remettant à Li Hongtchang un nouveau projet, définitif cette fois et présenté comme teU qui consentait les corrections et atténuations suivantes :

1« La frontière du territoire à annexer en Mandchourie était infléchie d'un degré environ vers le sud, laissant à

la Chine les passes de Mo-t'ien-ling et les défenses de Moukden;

2* L'indemnité de guerre était réduite de 300 à 200 millions de taêls;

3* Dans les clauses d'ordre commercial et économique le Japon renonçait à l'ouverture de Pékin, Siangt'an et Wou-tcheou, et, de même, au droit de navigation sur la rivière Siang et le lac Tung-t'ing, ainsi que sur la rivière de l'Ouest, abandonnant, en outre, l'abolition des taxes intérieures et le droit dit de commutation;

4» Le Japon se contentait de l'occupation provisoire de Wei-hai-wei, renonçant à celle de Moukden, jusqu'à l'échange des ratifications du nouveau traité de commerce et jusqu'au paiement total de l'indemnité de guerre.

Ces modifications apportées au premier projet, ces. réductions appréciables nous étaient communiquées par le Tsong-li ya-men le 12 avril, au moment même où, de Paris et de Saint-Pétersbourg, me parvenait, ainsi qu'à mon collègue de Russie, la première indication de tiosgouvernements sur l'attitude qu'ils seraient vraisemblablement amenés à observer vis-à-vis des conditions de paix ofifertes par le Japon. L'un des ministres du Yamen, Siu Yong-yi, nous faisait connaître en outre, à titre confidentiel, que Li Hong-tchang avait reçu d'Europe l'avis que l'Allemagne se joindrait à la Russie et à la France dan* cette attitude des puissances à l'égard des propositions de paix du gouvernement japonais. Est-ce cette attitude présumée de certaines puissances qui avait décidé le gouvernement japonais, dans l'intervalle du 5 au 10 avril, à réduire quelques-unes de ses prétentions? Le comte Ito, en tout cas, et le gouvernement japonais n'entendaient pas aller plus loin dans la voie des concessions, et lorsque

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